‹ Histoire et mémoires (volume 4)Chapitre 11 sur 257 · CHAPITRE IV., Vt · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV., Vt

peur n'être plus- à; charge à ma famille , un instinct guerrier, la Yanité de Funiforme,. le besoin de mouvement et d'action si naturel à la jeunesse m'avaient entmînës. Cet instinct belliqueux s'était sans doute allumé aussi à la renommée du Premier Consul et à lar reconnaissance pour l'appui qu'il offrait à notre détresse , mais vaguement , presque à mon insu^ car à dixHieuf ans on sait mal l'histoire présente. Ce n'est guère là réflexion qui décide , c'est plutôt la sensalionî, et surtout les premières et si fortes impressions db L'adolescence. Mais, chez moi la plupart de cellesci contredisaient la démarche décisive que je venais d'accomplir. Ce désaccord me troublait comme un remords». Plein d'aulrefoisy vide de l'histoire contemporaine, je n'avais recueilli qu'horreur et aversion pour la Convention/ et le Directoire;, j^e n'avais senti la Révolution qiue parla ruine et la proscription de ma caste et de ma famille au milieu desquelles, jusque-là, je m'étàisd'autant plus restreint et circonscrit. Pourcjuoi donc avais- je cédé tout à coup à l'espèce d'ivresse dont la première vue d'qn régiment de dragons en marxrhe de guerre m'avait saisi? Transplanté soudainement dans le camp contraire „ dans quelle situation, pénible et difficile mj'étais-je placé, entre nwan ancienne sociétjé qiiii me réprouvait comme un tïaasfuge y et ces ailiés nouveaux qui m'étaient encore si aniipathiqjues ! Ainsi tiraiUé en sens opposés, pendaat les premières lenteurs de notre organisation, jp n'étaisr parvenu à m'expliquerav^c moi-même sur le but «t l'espric de ma nouvelle position ,, qu'en me liv^Raatàvua calcul tout royaliste. Une' idée fixe , ua es-

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poip passionné de profiter de la réaction 4» i8 Rrumaire pour contribuer à relever, à réarmcir l'ancienne aristoci*atie et à lui fîgiîre reprendre place à la tête de la nation française , s'était empajré de mon imagination ardente. J'espérais que Wïon exemple serait suivi; qu'une foule déjeunes nobles s'enrôleraient ; qu'ils s'ajouteraient à ceux des officiers et des généraux ex-nobles déjà dans les rangs de l'armée , et dont je récapitulais sans cesse , avec complaisance , la liste assez longue, en leur supposant la même passion qui m'animait. Dès lors, les armes aux mains, et sarii& de l'inaction et de l'impuissance , nous formerions un parti assez fort pour se défendre contre de nouvelles proscriptions , ou métne pour faire triompher le royalisme dans une révolution nouvelle; car alors, tant de bouleversements précédents en faisaient présager de nouveaux, malgré l'avènement de Bonaparte.

Il y avait dans tout cela du rêve et de la réalité : du rêve , en ce que, ignorant les hommes et les choses , je ne calculais pas, d'une part, la roideur inerte de l'orgueil aristocratique, de l'autre, la violence des passions plébéiennes opposées , la masse , la force de ces intérêts contraires, la puissance des droits nouveaux acquis par tant de travaux et de victoires ; du rêve encore, parce que, en moi-même , le sens moral de l'égalité ou de la légalité, l'amour de la patrie, celui de la gloire, et la camaraderie des champs de bataille, n'étant qu'en germe , je ne prévoyais pas les modifications que, en se développant, ces sentiments allaient apporter aux répugnances exclusives et aux calculs

arisCdcl'at^ues de mort ihe^p^rimeatée et ja^que-Jà^ inaeiiVei adolescefieew / '. r i •

;QiiantÀ la réalité^ en effet repcemple . qU:aJ[<Mrst j^ donnai ;, suivi ^ d abotd par qudques-uns , et plus taard par un grand ^o^bre , contribua à irattacher Jbi No-r blesse à la nouvelle France? et , daios la« r%éneratioii sociale qui ^prépat*ait y. aida quelque peu à<la i^placardans les îéléments constitutifs de cette ^ tête nou*velle qu'il! était si important de reformer à la nation françaisiç. t^.-i^^.'i) m.'-j'V •:■ ^^ -:.--.. ;.;; j ;,•. ,.■,„, .. Eq; un mot^ ■ sans m'en douteit, invetitauf: ce. qt)i existait^ je vefiâis^ d'enti^er dans ie parti qsue, dix ans plus tôt V on ay^it appelé >/«7w//torâ/edfat la Nobh^^ ou je I pairli ' costsittutionnel 9 celui qu'avait constaiti-^ rae»t (Suivi mcto père, n ^ ; o.( .^

D^ Iors.^(toa}gré«bien de)s soucis que jjedéyoçai,

lélad^ dfe nMwakîfiftétiertet ladite de quelquesl-uns d^

mes jeunes camarades^ qui, tout au contraire de moiy

né prenaient ti^ an sérieUx, me dëj^îdèrie^ ti^ Plusieiirs

semaines ^fiu'^tiadispeii^bleâ < au; recrutement, dan»

Paris , de 'sto\3m cor^, d'abord appelé Hus^ard^volon^

tairez ^ puis- ^tégiôn de^ Bonaparte, et (qui n'alla ignère^

à pli^ de deux^à trois «scadrons et d'un fort bataillon.

Quant auî service j e^ attendant que nous fussions ea-

scrnésylil consistait, bors quelques factions , à écrire^

àportet Jes? ordres du géiîéralrDamas^; et à le suivre.

Gé' dernier service ,^ tout insignifiant qii'ir était, itie

deviiittitiW : ^oid comihent. ' * ' ^ , i

Us' hasard voplut que dans ces premiiers jo^rs notre gàsërkl, m'ayaift choi^ cooxune brdènnancepour l'aa^ eièmpagner^ eut a^afi^e/clïez l'ancien conventionnel

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6t,directeurCarnot, alors miniâire de la guerre. Nous arrivons dans la cour du ministère; nous y mettons pied à terre. Mon devoir était d'attendre là avec les chevaux; mais comme^ en partant, le [gênerai Duma^ m'afvait ordonné de le suivre, me figurant qu'il ne fallait pasle quitter, je m'attachai scrupuleusement à tous ses pas, jaloux d'exécuter ponctuellement ;ma consigne. En conséquence, le voyant monten l'escalier, je fais de même; de même encore je i traverse, à sa piste , l'antichambre , les salons , et pas à pas je .pénètres, immédiatement derrière lui, jusque dans le cabinet du ministre ! Là, tout préoccupé .de l'affaire qui l'amenait, et ne se doutant pas de cette inconvenance^ il commença aussitôt à entretenir ce personnage. Le général Dumas se trouvait entre le ministre et moi , nae tournant ledos«; ma tète, plus élevée queJasienne, . la dépassait, en sorte que Carnot, fort étonné de voir, jusque dans .le secret de son.cabinet, un jeune soldat planté tout droit derrière son interlocuteur, n'écoutait pas celui-ci, et, par son air confondu d'étonneinent, semblait demander l'explication d'une innovation aussi bizarre. De son côté le général , surpris de la /réception du ministre ,. et .remarquantqu'il ^parnissait bien plus occupé .de ce qui se «passait derrieFe lui que de l'affaire .dont.il était venu l'entretenir,. se retourna. A ma vue : « Eh! que diable &is-lu là? ^> s'éxxia-t-ril. Je .répondis en alléguant ma consigne : alors tous deux, éclatant de rire, me donnèrent une, première leçon .de juoxl métier en jne .renvoyant ii. mon humble poste. Mais, .moi.parti , cette incartade amena naturellemeat une explication dans laquelle ie .gêné-

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