‹ Histoire et mémoires (volume 4)Chapitre 127 sur 257 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

vers cinq heures du matin, au moment même ou le meurtre s exécutait; en sorte y conune nous le sûmes tons, cfue, sa voilure s étant croisée à la barrière de Vinoennes avec celle de Savary, il revint consterné de l'irréparable résultat du fatal sommeil auquel il s'était livré. C'est pourquoi, d'une part, au cri de Joséphine éperdue : « Ah! monandi, qu'as- tu fait? » cette réponse dé iNapoléon ^ « Les malheureux ont été trop vite! » et, d'autre part, quand il flitseul avec Joseph, son emportement contre Real, qu'il accusa injustement, en raison de ses antécédents révolutionnaires, d'avoir différé sciemment d'obéir à son contre-ordre. Après quoi, se raffermissant, il dit à son frère : « Qu'enfin il fallait se tf consoler de tout ! Que sans doute , s'il eût été assas- « siwé par lesagents de la faitiille du Prince , ce Prince « se serait montré le premiA» en France, les armes à a la main, pour en profiter ! Que maintenant il ne lui ce restait plus qu'à supporter la responsabilité de Té- « vénement ; que la rejeter sur d'autres , maine avec a vérité , ressemblerait trop à une lâcheté pour qu'il « voulût jamais se laisser soupçonner de cette fai- « blesse! »

Bientôt, et dans le premier Conseil d'État qui suivit cette catastrophe ,'mon père entenditle Premier Consul, après une rude sortie sur les propos qui couraknt les rues, et sur les modernes violations du drœt d'asile, dire : « Qu'il saurait faire respecter la France! Qu'il « ne respectait l'opinion publique que lorsqu'elle ne « s'égarait pas! Qu'il en méprisait les caprices! Que, « comme lui, tous les hommes de gouvernement, loin « d'en suivre les écarts , devaient l'éclairer. Qu'il au-

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« rait fait juger et cjxécuter publiquement le Duc (( d'Ënghien coupable de CQnuîvenpe^^eç jles agents « de FAngleterre y d'armement: cpptr^, la France, « d*intelligences, a\ec nos d^partçmenti^ frontièi|es « pour y exciter la révoUe, et, enfin de complicité « dans le complot tI;amé^çpnlre ^a vie, ^'il n'avait « craint de jioi^nw aux partisans dfi ce Prince une « occasion de se perdre; que ce n'était pas chez ceux-ci, « mais dans d'obscurs repaires,' qi^'pn avait saisi Ri- « vière et les > PoUgnac ; qu'au reste , les rpyal^tes (c étaient tranquilles ;. qvi'il ,ne leur en demandait pas fi plus ; qu'il laissait les regrets libres ^u fçnd des ce cœurs; que ceux qui prétendaient craindre des « proscriptions en masse n'y croyaient pas; niais <c que, individuellement, il n'épargnerait aucun cou- , « pablë ; » *

Tous les chefs d'accusations qu'il accumula contre sa victime étaient vrais, hors le dernier, celui de complicité avec Georges Cadoudal, seul fait qui aurait pu expliquer, sans la justifier, une aussi cruelle vengeance. Bonaparte put croire à cette complicité , qui n'existait pas. Le Prince connaissait sans doute le complot par la voix publique ; mais ce complpt dès lors était avorté , d'où il résulte que la prolongation de son séjour à portée du Rhin ne pouvait plus désormais motiver le soupçon dont il fut victime.

Il restait donc évident 'que, irrité de cette longue suite d'attentats contre sa vie, le Premier Consul avait voulu y mettre un terme par un coup de foudre ! Son excuse , s'il en peut exister pour un acte aussi barbare , était dans sa conviction , par un fatal con-

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