‹ Histoire et mémoires (volume 4)Chapitre 128 sur 257 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

ùùvTs de circôiistances:, qu'il obéissait à la nécessité politique , au droit de défense personnelle , et qu'il ne frappait que sur un complice! Erreur funeste, qui prdiive, plus que jamais, qu'on ne doitj^intse faire juge dans sa propre cause ; et qu'il faut respecter les formes protectrices, pour ne point s'exposer au malheur de s'être défendu contre une tentative de crime, par im autre crime! .

Esplérons pour lui que le remords, qui le décida à envoyer Real pour suspendre l'effet de sa première détermination, en aura atténué l'horreur devant Dieu, comme aux yeux des hommes.

L'histoire ainsi doit en juger. Quant à nous ^ dans notre ignorance d'alors, l'accusation de complicité contre ce malheureux Prince ne nous semblait que trop probable. Quelque effroyable que fût le coup frappé à Vîncennes, envisagé ainsi, notre Chef, tant provoqué, était-il le seul ou le plus coupable? Toutefois ce fut un autre point de vue qui nous détermina.

D'un côté nous s^mes que Caulaincourt était en butte à l'animosité des royalistes. Étranger à l'arrestation, au jugement, à l'exécution , absent même de Paris alors , ils l'en accusaient , ils l'en rendaient responsable. Les dénégations des siens, son désespoir, son évanouissement chez le Premier Consul à la nouvelle de ce meurtre , et la violente amertume de ses reproches, quand il revint à lui par les soins mêmes de Bonaparte , ne leur suffisaient pas. Ils exigeaient sa démission , ils la lui imposaient comme un désaveu de sa participation à cet acte sanguinaire !

D'autre part mon père s'était aperçu que plusieurs

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déà ex-îacbbiris, raillés, {nomphaient ; qu'ils s'applaudissaiejit dé ce preipier pas r^rqgrade de^P^apoléon dans ïéùr voie férocfî. Places Vntre ç^s ' deqx partis enpèpiis, qu'aUions-nous faire ? fallait-il, pour sa.tîsfaire l'un , abândo)iner a l autre le lorrain ^i heureusement reconquis lusquç-Ia sur les terroristes ! C était en Bonaparte seul (jue nous avions espère pour arracher la France, et nous, du goùftre révolutionnaire. Jusque-là cet espoir s^était magnijEiqûéipent *réaUsé. Quatre ans de bienfaits, et d^urie administration admirablement généreiise et répajpairice , nous avaient attachés à sa fortuné ; devions-nous dqnCy dès ce premier pas en sens contraire , quelque déplorable qu'il fût , tout abandonner ? Devions-nous, en dbhnant le signal de se retirer de lui, le livrer, lé pousser même dans les mains du plus dangereux de ces partis , dont notre concours contribuait à çombattrje Tiniluence?

Quant à un avenir de sa^ng , pourquoi le supposer? La peur seuïe pouvait y entraîner le Premier Consul ; et nous savions que^ après l'expjosion de la machine infernale et royaliste du 3 niVôse, interrompant l'un de ses conseillers à ces mots : « N'avez- vous pas peur, « citoyen Consul?... » il avait répliqué : « Moi, peur! a Ah ! si j'avais peur, la France serait bien malheu- (c reuse! » Ainsi, ce ci^ime politique pourrait rester isolé. Dès lors , quand notre sort , quand celui de toute la partie saine de la France dépendaient du Premier Consul, pourquoi nous décourager? Pourquoi, lorsque son génie j pur jusque-là, venait de faillir, lorsqu'il nous avait momentanément échappé, ne pas s'efforcer plutôt de le ressaisir, de regagner le terrain perdu,

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