‹ Histoire et mémoires (volume 4)Chapitre 130 sur 257 · CHAPITRE VUI, J^n · texte numérisé non relu

CHAPITRE VUI, J^n

içlerXi^iijHil; tai^t que, enkûema^aitylesslàlaqUàsenAt

J^ÎP^i ^ pr^purèreiit k troisième et la quàtriéiiié coalition contre la France. > u: > -^ . » :

.vQ^ai^t i^ rAiitriche , exclusivement préoccuper du sQy^ de r^rer $i^ ruîoieaul&dépeii$de>FAUeâ[^ghe^ en abjil^nt 4v désordre ait le bouleversement de là Gons^ titiUipi^t^S^rmaniquei venait de laisser l'Empii^^^^ elle resta fx^uette au bruit de l'attentat d'Ettenheim.

, Ail p^iUeu de cet isolement universel, cpie venait de

créer autour de lui sa cruelle faute, ]Vdpoléon> au

dc^hors comme au dedans, demeura inébranlable. Il

n*en ^ppçla, d^ ç^s triées conséquences, qu à sa force

seule, et au droit de représailles que, à ses yeux, lui

donnaient tant d attentats redoublés contre ses jours.

Frédéric était devenu, dans ses rapports avec nous,

frp^d et silencieux; le Premier Consul se renferma,

<3c^me lui, dans un froid silence. Avec Alexandre

ml se. montra rude et menaçant. Il lui reprocha, en

lui renvoyant son ambassadeur et en rappelant le sien,

J.^s perfides machinations de ses envoyés et le meurtre

<=le son père, dont alors les assassins entouraient en-

^i^îuore le jeune Prince. Il contraignit le Grand-Duc de

Jt^de à se déclarer satisfait de ses explications sur la

"^i^iolation de son territoire; il imposa silence, sur ce

^^lit, à la Diète germanique; enfin , par quelques con-

^^^^xaipns , mêlées à des menaces vigoureuses, il força

*-* -Autriche à respecter les droits de nos alliés alle-

■=^5^2^nds et à rentrer dans ses limites.

En même temps la correspondance des agents anglais de la rive droite du Rhin fut publiée. L'Europe

2Tt LITBE SEIZIÈME.

entière y TÎt leurs pratiques criminclîes, et eornme iïî? fomentaient, comme ils soldaient, en France, non-senlement le renourelleroent des confiscations et des jmdscriptions de la Terreur, mais aussi Tassassinat jusque dans le palais du Premier Consul ! Cette publication foudroyante, le silence du ministère anglais, puis ses explications, pires que son silence, excitèrent ¥mdignation de toute la diplomatie européenne. Ces aveux déhon tés , joints à celui de Georges, à ceux âe Moreau, aux arrestations, dans Parts, des affidésduRrétendant, pris en flagrant délit ; la grâce enfin , qui fixt accordée, comme on va le voir, à plusieurs de ces coupables, atténuèrent, autant qu'il était possible, la réprobation publique que la nuit du 20 au 21 mars avaît fait éclater contre Bonaparte.

Cependant les lK>rreurs de ce drame terrible n'avaient pas atteint leur terme. Le 5 avril, de onze heures à minuit , Pichegni y joignit un qualrième suicide. C'était l'un des anciens professeurs de Napoléon au collège de Brienne. Le Premier Consul, soit émc^tion de ce souvenir, soit qu'alors il fût moins irrité contre ses ennemis nés dans la Révolution que contre ceux issus de l'ancien régime, lui avait fait promettre non-seulement sa grâce sans conditions, mais, avec sa réhabilitation, le gouvernement de Cayenne. L'infortuné avait d'abord liésilé; puis, soil fetigue ou désespoir d'une vie flétrie par la trahison , il s'était déciilé à en finir. Un long et silencieux effort, srar scm lit, m^ moyen d'un bâton qw'iî tourna dans sa cravate de soie, et dont il se serra peu à peub gorge, te délivra, cette nuit-là même , ou de la honte de vivre , ou de

CHAMTHK VHÎ. 37?)

celle de mourir par un juâle et dernier supplice* Le lendemain on le trouva étranglé; un volume de Senèque était oirvert près de lui : il l'avait marqué à la page oii le suicide de Caton est décrit par ce philosoplie.

Six semaines plus tard le sort, alors tout entier tourné vers Bonaparte, amenait pour la seconde foi», dans cette même prison, un autre de ses ennemis acharnés , le capitaine anglais Wright , celui-là même qui avait débarqué sur nos côtes Pichegru et ses com» plices.

Enfin rinstruction de ce grand procès était terminée. Pendant quarante-quatre jours Moreau avait persisté à protester de son innocence , lorisqu'enfim , confronté avec trois de ses complices , Taveii d^ ses entrevues avec Georges et Pichegru lui fut arraiclié.

Quarante-six accusés comparurent, le to juin, devant la justice. Ils furent jugés suivant toules les formes les plus protectrices, en face d'un public fiovi»^ breux, et au milieu des manifestations ardentes, séditieuses même, d^une foule de militaires d« toue grades, partisans fougueux de Moreau. Sa culpabîUté était flagrante. Néanmoins les juges influencési hiéittaient. Une autre influence , ou l'équité les décida , mais à demi. Moreau déclaré coupable, ra»is e^ctm»^ble, ne Ait cofidamné qu'à deu\ s\ms d'emprisionni^- Bientl Quatre autres CDcipalDies, soit justice ow pîtié^ furent assimilés à ce général. Vingt et un finrevMf a«quitté», et vingt eondamm^s à mort.

No«s étions, en ce moment, à SaintrCloud. A la tmu- ?flle de- ce jugement, une exjrfosion de foreur ééA^

fm LtTRE SEIZf ft«E.

paçini les généraux qui eiiloupatijent le^Pi^ier p)nsul. Ils $'écrière^t : Que c'était «m déai dejuàlicel Un Wte derévoUés ! On park de mesures jeitraori^aires eontfe les condamnés, contre les ji%e»'y contre Fbris métnM^^^ qiu'on déclarait indigne de ' son rattig de capi^lë^et d'être la résidenee.du Oief du Gouverhèmi^iit'îî^fb eussent voulii la condamnation^ à mort < de Moteâti^ y certains d'avance, : il est Traif que Napoléon Ml'^^ rait fait grâce, niiaià indignésque le tribunal lu! <^(^ eût, en prévariquant, arradhé rhonneUFi ^ - i î '^'^^ -^

Quant à NapoléoH;^ quel que put être sof^ mëcon^ tentement > il le contint. D'accord aveo Morèaiï^ il fit acheter ses^propriétés : elles étaient considérables; ^ il s^xig^i de hiiisonejLÎl en Amériques ^ ^^

Sur l^s Ytngt condamnés a mort, il fit j^ràcë à buit; Nous reiBarquàmes que, en accordant Ib^i^ie ^'Aitkis^d de PcAiffiiaùf^ apx prières 4^ madame d^Ândlto 'Ct^^ dé la femme de ce conjmsév il s'attendrit y et- qu'à' lettirs larmes il mêla Jes siennes.

Lune des conséq^nbes de ce coniplél: fut^ .la^éc la prorogation des tribunauit spéeia^KS^ lé rétârblik^ment de Foucbé au ministère de la policé. Napdléèn S'^fivdéfiait: il rentoiira de si«rveillâif^ts^ iitnultipHà les contre^poliœs. L'une d'elles fût confiée à ébn aid^ de camp La^alette^ qu'il diarçea du sèctet des lettres^ C'était ainsi^ et pat* les curés surtout, disàit-it à mon père^ q«'il était k ^ miei» instruit ^ ajouftf tit^, à l'égard de Fouché^ qi^,sfîl l'avait repris, ic^étalitttitfibs pour savoir tout que pour avoi^ l'air de towl sàfVàir.

J'ai voulu conduire jusqulà sa fin cet ' éténètifënt tragique. Mais déjà i il "i^enait d'ert^ aibenér ^ bti' îatitre

de krptn»liallt€^inqpoFtaiice. depuis quatre ^nï(dm\f <>'0sttà^dire depuis leà^ïsmÉsntxmenlÛe^tém:^'tè&^\ «t dès^ le pi*eiiiter( éel^^dei cette ^boèjinfatiô^ y>rifie muU tUude d^ildtesaesr a^vsûei^t (^u^rtement.demanUë4e ré* tablissemen t : du Irène et la fbi^é^ii; d'uWe - kiytias^ jnouVelle. On^ TU^, oh^ Joibt^ laprès le mettttw ' du 4darn»^ rejeton des Gondév ila^ scène péhil)le ^du diif9an<^ (3o mar^y auïC^teaude^ Tuilerie», ^et le iiii^- ^>ont6littoient du ' Premier ^jènsuL Et pirartisinty deux Jours plus tard^ œ Q^ Ilapoléou n^avait puio^^ de chaouA enpartici|lter^ illl*(^tîntdè tpuà en^mble : soit qiie les ^iéoQScieiicesfpkls foortfas et ^ùs p^res lors^- ^^'ell0ai8QUt<isQlée$ et. dans leur premi^ ineuvenient^ s'affaiblissent parii^lecohsîdél^onsloTisqù'dllïS'de^ >^ie^p|ient>?Qilecti^$ ; oti^ bienrf^^ ^^^ id^0$^ sd'albra d^e.^t^ éU'e ilofigtemps entraînée par un fi^' (particulier, quelque grave qu'il fiit ; soit, s^urtout). que riiidigBalionMpri^ et fKiblique eût c^hangé d'objet à la nouvelle avérée des odieuses machinations de^rÂngletei^e ^ et qii|e le danger et Finliérét |[énéral; dofiaûnàiit tout y l'eussent emporté.

Quoi qu'il en soit^ le a'j mars, le surlendemain de

c^tte[ ^ènf^ répi!c)balrke où les sénateurs surtout

avaient figui^é 9 onientetldit le Sénat entier, répondant

^ la e(HnmunicatiQ]|^ des; correspondances criminelles

dçs agents anglais >d'outre-Rl»n y <Km à Bonaparte r

«, Vous, nous avez^irés du chaos du jpassé; vous nous

« foites-bénir leS| bienfaits du présent; garantissez-

« QoujS de .l'avetoii*^ Gmnd homme, achevez votre

« œuvre, rèi^iez-laûuunoM^le comrtie votre gloire ! m

La réplique du Preinier Consul, à cette ouverture

28i LIVRE SEIZIÈME.

millions^ cinq cent vingt-quatre mille, deux cent cinquante-quatre voix , qu'elle veut TÉfinpire et Napoléon pour Empereiir! Ds^nsla ^otte, îTrjigue| ^tM seul amiral quisy^Tefuse; dans rarhiéé/s'iiy èùi Hes 'oissentiments, ils furent secrets :^ quand lavénement du Premier Consul à l'Empire fut proclamé devant ses rangs, desacclamatipns upan^nies rayqçueillirent. Un seul colonel d'infanterie, d'une forte et haute stature et d'une yalepr célèbre, se retourna, et d'iune yoix^i^dacieuse : c< Silence dans le rang! » s'écriart-il. C'était. Mouton , depuis maréchal , comte de Lobau. La réponsedé Napoléon à cette manifestation républicaine ne se fit pas attendre. Elle fut digne de l'un çt de l'autre : peu de joujps après, ce colonel reçut, ayèç le brevet de général, celui d'aide de camp de l'Empereur.

On sait quel fut le principal motif allégué poiir la création de l'Empire : on voulut décourager l'attentat à la vie et au pouvoir viager de Bonaparte par Therédité de ce, pouvoir dans sa famille. Dès lors, pour restaurer la république ou l'ancienne monarchie , ce ne serait plus un homme seulement , ce serait une dynastie qu'il faudrait abattre! Ainsi, et comme 3 arrive toujours aux conjurations avortées , de même que celle du 3 nivôse, en doublant le pouvoir de^ Napoléon , l'avait bientôt après fait Consul à vie , celïeci le fit Empereur , même avant le jugement des cour jurés, et malgré le meurtre de Vincennes !

Tlir BU LIVRB SEIZIEME.

*"i; j^'ftç : -lyiXnàl tttliiÈ,:

EJŒipire venait de commencer avec le prmtemps

dëTànnée iSfoAJ On Vit alôi^ Napoliêon se faire dori-

nep/ av<^c1e (lire cï'Êmpereui' et lé (ifroit 1i*àd^^ iin

successeur, une liste civile de vingt-cinq millions. Le

i^hg iie ^W'incë^ avec dotation' d'iiii millipn, et le droit

d*fcèrédite à l'Empu*^ frères.

Les îieùxàuWes,^ Lucien et Jérôme^ en durent exclus

fent qu'ils resteraient mariés , l'un à une femme dîvor-

^ee, r autre à une jCMne Américaine, mariages que le

*T^naier Gdnstii avait desapprouves. Le Sénat reçut de

"Ou veaux ^ouyçlirs^ Ces pouvoirs eussent pu suffire

P^u^çlrè a'W protèc& dès libertés civiles et polî-

**^iîesdafns a autres circonstances',^ et surtout sous un

^Mire cnef. Quant au Corps tegislalifi la pvolé lui fut

*^^navie , mais spus le Imis-clos.

En' ^npiême temps lés gr^nijes ctiarges de f Empire et ^^ ^à Cx)*urqni]ié, lurent cré^ mon père reçut une de ^^tles-ci i et 1* âlléyrand une autre. Tous'deux hésitèrent ^ tes accepter, tant 1 esprit de Cour était tombe , les ^^oeurs changées , et les emplois utiles au pays consi- ^éjrés comme les seul^^vr^in^ent honqtTfibles. '

Au dehors la plupart des Cours étrangères , préala-

bleinent sondées, avaient naturellement applaudi à l'extinction de la République; déjà la réprobation ciu meurtre de Vincennes semblait tellement atténuc^e par Faulhenticité, chaque jour plus manifeisle, d^s odieuses tentatives d'assassinat contre la personr:M e de Napoléon, que ce souvenir parut oublié dnns L^es réponses de rAutriche et du Roi de Prusse. Roni^^, l'Espagne, Vienne, Berlin et Copenhague, reconn ^^rent donc le nouvel Empire. L'Empereur François n^nit seul une condition à son acquiescement : il se fit connailre Empereur héréditaire d'Autriche en méi temps qu'il reconnut Napoléon Empereur des Fra :wçais. La Porte s'abstint; mais la Suède et la Rus^^ie devinrent de plus en plus hostiles.

Ce qui étonnera encore, c'est q*ie, pendant celte a^ nnée 1804^ au milieu de tant de préoccupations ^Jitérieures, tous les bienfaits de Tadministrâtion 5jitérieure du Consulat aient pu continuer, et redoubler même! Ainsi, dans le reste de cette année si dispendieuse en créations d'établissements et de p:«réparât ifs guerriers de terre et de mer, quarante-cinq millions furent destinés aux travaux de la paix, et cent cinqliante mille francs de prix décennaux ofitrrTls aux progrès des sciences, des arts et des lettres^ la rue de Rivoli fut commencée; les abords des V^ileries , nettoyés ; on transforma , en un quartier salubre, l'antre horrible des Jacobins. Avec ces mérn^ trésors on continua à abaisser les Alpes, à creuser des canaux, à jeter des ponts, a ouvrir enfin, de toutes parts, au commerce et à Vindusirie, des oommunications faciles.

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