‹ Histoire et mémoires (volume 4)Chapitre 131 sur 257 · CHAPITRE 1. 2a · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1. 2a

Le Corps des Poats et Cliaussées reçut cette vaste et forte organisation qui la roidi de trop d'orgueil , depuis qu'il n'est plus sous la main qui: savait le maîtriser.

Un décret de préséance indispensable prescrivit les honneurs dus à la biérarchie des fonctionnaires de to^ite nature. A Orléans on vit inauguration de la stalAie de Jeanne d'Arc; à Cambray, celle du mausolée où furent recueillies les cendres de Fénelon , que les deux siècles précédents avaient négligées.

Dans chaque commune les morts furent séparés des vivants par un règlement salutaire.

Quant au clergé , un ministère des cultes fut créé ; les congrégations utiles furent rétablies , celle des missions lointaines y dotée, mais dans un but-, il est vrai, 'moins religieux que politique. La communauté des saintes Sœurs de la Charité reçut des encouragements. Des établissements de Trappistes furent tolérés , soit comme un refuge laissé au remords , soit comme des ateliers ouverts au travail : quelques incrédules n'y virent que des hospices accordés à un genre de folie humaine. Les autres congrégations, celle des Jésuites surtout , restèrent proscrites.

L'installation de la Légion d'Honneur rendra cette année longtemps mémorable. Le jour choisi pour celte grande cérémonie fut le i4 juillet; le lieu, l'é- ^iise des Invalides. Ce fut là que, de sa propre main , Napoléon distribua les premières étoiles de cet Ordre. J'étais du nombre des élus. Us furent choisis dans toutes les professions honorables et dans tous les rangs. Tout, dans celte solennité , fut digne d'une institution

si belle. La forme ne le céda pas au fond. Jamais Napoléon ne nous parut inspiré d'un sentiment de grandeur plus manifeste. Je ne sais s'il appréhenda, dans les récipiendaires , quelque manifestation contraire à cette institution; mais nul de nous n'a pu oublier son attitude imposante , de quel son de voix il nous dicta le serment , et surtout de quel accent irrésistiblement impérieux il prononça ces derniers mots : « Vous le « jurez! »

Qui de nous ne croit le voir encore , sur ce trône dressé à la gauche du chœur et de l'autel, détacher son prppre Grand Cordon et en décorer de ses mains le cardinal Caprara,' Légat du Pape, négociateur du Concordat et alors du Sacre. Cet à-propos fut approuvé. Il n'en fut pas de même de l'exclusion de l'amiral Truguet et du lieutenant-général Lecourbe. L'un, il est vrai, s'était refusé à faire reconnaître l'Empereur par la flotte; l'autre, pendant le procès de Moreau, s'était déclaré pour ce général. Ils étaient présents : on les avertit, ils se relirèrenti Cette disgrâce, sous la forme d'un affront, déplut. Si ce fut rancune, on la trouva peu digne d'un grand homme si haut parvenu; mais il se peut aussi que ce fut prudence, et que le scandale d'un refus, au moment du serment, ait été prévu.

Cependant l'armée mieux organisée , vêtue , disciplinée et exercée qu'on ne l'a vue depuis, avait été mise sur le pied le plus formidable : cent cinquante mille hommes, cinquante-huit vaisseaux de ligne français, douze vaisseaux bataves et dix-huit cents transports armés , allaient être prêts contre l'Angleterre ! Le

i^B^ jtiflltet ^Nrfpfdtidri^ rtppriit feôùâsAftemeft^ à^oulogâe-

ài^^aiVÎ^/seà ^tfeitiier^ mots àfti ihar*éGliâlS<?ailt ftirent : <^ Gmtolirén votrs feirt4l dé temps jjaul« embarquer? — tf ^TPrôW jbbWîSîrè. -^Je^fe 'Vô^ëtt^ dohtté qu'un ! rë- <^']^lîqtfet'FEiirtJéréUî^. ^^ C'est impossible, rëporidit «^lfe*dâté^hMl^^-^ltoplo^si^ Mbnsîedr ! sJécria YEm^ ce ■ përëûr, je hé cotittaîs point ce mbt*là ! il n'est pas ce français, rayez-le de votre dictionnaire ! » Et, en effet, il J)Wscrivît sur-le-chaitop des mesurée tellesi, ^ué Tembà^qùetiient devint possible en vingt-quatre heures. " Mais le lendemain , soit habitude de Taînere les diffiëultës lés plus grandes. Soit souvenir d'avoir eu tant de fois •raîsdti, même contre les plus habiles, tfop de cotifiàncfe l'emporta. Ainsi trompe lé bonheur, et sou^ vent mênie Féxpërience. Ce jour-là, tout entier à sa fldttille, îi' Voulut, pour l'exercer, la mettre sous voiles, en vue dé l'escadre anglaise , en dépit d'un ciel mena^nt eé malgré les conseils d'un contre-amiral. Celui-ci s*obstinant, lui s'irrita. Sa violence fut telle qu'il y eut un mbnient où le marin, la main sur la gkrde deson épée, crut devoir se mettre en défense contre un outrage. L'Empereur, incapable d'une voie dé fait, le fit désarraei*; et, passant outre, il voulut qu'on mit en mer.

Ce que le contre-amiral avait prévu arriva. Napoléon, il est vrai, demeura vainqueur des Anglais, dont il repoussa l'escadre et prit même un bâtiment; mais il ftit vaincu par la tempête à laquelle il s'était refusé dec^oire. Lui-même eut peine à y échapper! Quatre de ses embarëalions périrent. Alors, reconnaissant sa

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double fetite , il les répara toutes deux : t'ime par un nuit entière d'efFortsi qu'il passa , dans la leur LUeurt, à sauver ses marins de leur naufraj^; rantre^^a&

en avouant son tort au contre-amiral , en lui pardon -

nant le sien , et en lui faisant oublier sa violence.

Pendant les vingt-cinq jocu^ qui suivirent fl.tf'oc :-

cupa de son immense plan de descente y dont nous^^^s verrons bientôt Tensemble , et de ses camps ide^natM^ ^t lesquels il se présentait pour la première fois ' Empereur. Il vit les larges diaussées et les canaux d'écoulements exécutés par ses ordres , trainam iquî ras sainissaient ces camps et les liaient edire eux, ainsi qu'avec les abords des contrées environnantes. I/es-

prit actif et ingénieux de ses soldats s'était plu k em

bellirles en tours de leurs baraques du luxetde miUi^^-J jardins ornés de fleurs ^ d'inscriptions à sa iouange^^ d'obélisques et de pyramides la plupart surmonlés di^ buste , couronné de lauriers , de leur Empereur. Lui ^ ^e mêlant familièrement à eux, entrant dai» tois le détails de leur bien-élre , et leur prodiguant av^ee»^ cernement des mots heureux , des faveurs etunairan^ — cernent mérités , les enivra d'enthousiasme.

Le i5 août, jour desa féie, ilynût le comble. Get::==^ anniversaire marqua l'une des plus grandes solanmtëi^ de son règne, celle de la distribution , à l'anEBée , .de— l'Ordre d'Honneur. Le canon de Boulogne FaiiDonça ; celui d'Anvers et de Qierbourg, proclamant à 3a foie^^ l'inauguration de ces deux ports nouveaux , jr .répondirent. L'entrée victorieuse à Boulogne, le soir méaie^ d'un fort détachement d'élite de la flottille eampléli» cette journée , dont un monument rappelle la ménaflâre^

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