CHAPITRE V
La Descente, enfia prête, le rappelait. Il ne resta à Paris que \ingt-deux jours. Le i*' août il m'envoya, avec Raap, à son quartier impérial des côtes, au pont de Briques. Le 3 août il y arriva. Maintenant résumons d un seul jet le récit de cette entreprise ; montrons que jamais combinaison plus habile et plus grande ne fut préparée. Nous sommes ici en présence de Fun des efforts les plus considérables que jamais ait tentés le génie de l'homme 1
Dès le 2 janvier i8o5, soit conscience, soit politique, Napoléon, paraissant préférer la paix à la gloire guerrière qu'il venait de se préparer, avait essayé, par une dernière lettre, de l'arracher au Roi d'Angleterre. Cette ouverture avait été repoussée par une note courte adressée à Talleyrand. A cette époque de l'âge d'or du Gouvernement Impérial et de l'âge le plus viril de notre armée , l'Angleterre , dans sa note , indiqua les mêmes prétentions qu'elle imposa dix ans plus tard à notre épuisement. Ce qu'elle exigeait n'avait rien de précis, mais c'était évidemment l'abandon de toutes nos conquêtes; celui dé la Belgique , d'Anvers surtout, enfin la mutilation de la France.
Napoléon avait communiqué ces deux dépêches aux trois principaux Corps de l'État. A leur lecture, l'Empire entier s'était exalté d'indignation contre l'Angleterre. De son côté Pitt venait d'accroître l'ardeur de sa nation par le signal du pillage des galions et des bâtiments de commerce de l'Espagne. Ainsi, et plus