‹ Histoire et mémoires (volume 4)Chapitre 156 sur 257 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

quelques légères différences de temps et* non de résukats, entre Munich et Vienne, elles furent à notre avantage. Souvent et longtemps après, ce ministre, toujours pénétré du même étonnement, m'a répété qu'il n'avait pas moins admiré la décision nette et prompte de Napoléon à abandonner, sans hésita-^ tion, tant d'apprêts immenses, que la justesse de ses prévisions, quand il le vif se retourner, avec un changement si complet de combinaisons , contre d'autres adversaires.

Toutefois cette dictée à Oaru resta secrète. L'Empereur avait été ressaisi d'un nouvel espoir. Ses vives et dernières instructions, des 1 1 , i3, i4 et22 août, en sont la preuve. Elles disaient : « Qu'il serait trop désce honorant qu'une échaufTourée de trois heures fît a manquer d'aussi grands projets ! qu'il y fallait perce sister fortement. Gravina n'est que génie et décide sion; pourquoi Villeneuve n'a-t-il pas son carac- « tère? Quand les Anglais ^ partout menacés, sont a partout épuisés et dispersés,Villeneuve, à la tête de « tant de braves marins , laissera-t-il tout périr d'i- « naction et de découragement? Dix-huit vaisseaux se a laisseront-ils donc bloquer par quatorze voiles] »

Le 22 août il écrivait encore vainement à Villeneuve et à Gantheaume : « Partez! venez dans la Manche, « et l'Angleterre est à nous! et six siècles d'insultes et a de honte seront vengés! » Les jours suivants, en dépit des nouvelles de plus en plus alarmantes de TAutriche , de la fuite de Villeneuve et du découragement de Decrès, il n'avait pas lâché prise encore sur l'Angleterre. Mais enfin, dans les derniers jours d'août.

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trop cerlain de rirréparable défection de son amiral, on le vît, àtable, briser le verre qu'il tenait en sa main, et s'écrier : « Eh bien ! pt^isqu'il fan t y renoncer, f* nous entendrons la messe de minuit à Vienne! »

Alors, tout ayant été secrètement ordonné , depuis le 23 , pour ce retournenient complet et subit vers le Danube, et, le a6, pour une nouvelle levée de soixante mille hommes, il jeta un dernier regard de regret et dé douleur sur l'Angleterre; et, se livrant à son indignation , il dicta sept chefs d'accusation sous lesquels, devait succomber le coupable Villeneuve. Puis, dominant tout, jusqu'à lui-même, il reprit son calme; et , dans une note écrite sansamjertume, il déposa la grandeur du projet qu'il était contraint d'abandonner. Il en résuma le plan, comme pour en conserver ou transmettre la conception, en justifier la possibilité, et prouver combien il avait été près de réussir. Il indiqua comment , et avec quelles modifications on pourrait un jour le reprendre, et ce qup, en attendant, on devait faire de la flottille.

Dans d'autres instructions ultérieures il voulut que , à Cadix, Rossilly remplaçât Villeneuve; et que, fort de quarante voiles, il allât régner sur la Méditerranée. On verra plus tard le désastre qui résulta de l'exécution de cet ordre par Villeneuve lui-même. En effet, de là ce funeste combat de Trafalgar, où Nelson périt, mais aussi notre marine! Nous n^'eûmes plus de flotte; il nous resta seulement quelques escadres. Alors commençait l'heureuse croisière de Lallemaud abandonné dans les mers du Ferrol par Villeneuve, ce qui ajouta au désespoir de celui-ci, en rendantLallemand célèbre.

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