CHAPITRE IIIî
entiers, anéanti sous le triple poids de sa conscience , du sort quilattendait, et delà réprobation universelle ! En effet, jusqu'au ii octobre, on le retrouve à Ulm dans la même stagnation où noire passage du Danube la trouvé, le 6. Le corps qu'il nous avait opposé à Donawerth sous Kienmayer, plus heureux, fuit de luimême vers l'Autriche ; celui qu'il avait appelé du Tyrol a. été détruit à Vertingen ; celui qu'il a laissé à Meningen n'a point reçu l'ordre ou de le rejoindre, ou de fuir vers les Montagnes; il se retranche isolé dans cette ville! D'autre part son avant-garde, qui tt^nait tête à Ney sur la rive gauche du Danube, mutilée de quatre mille hommes à Gunlzbourg, le 9 octobre , a été rejetée sur Ulm , où Mack se trouve acculé, mais avec soixante mille hommes. On se souvient que, en 1800, Aray, ainsi tourné et coupé par Moreau sur les deux rives du Danube, a contourné par Nordlingen noire aile droite, et que, s'échappant sans coup férir, il s'est replacé entre notre armée et l'Autriche ; aujourd'hui , pourquoi ne pas l'imiter? Mack a près de lui le Prince Ferdinand; il en est responsable; laissera-t-il prendre dans Ulm, avec lui et son armée, un Archiduc?
C'est un fait hors de controverse que, en ce moment, le 10 octobre, et même les deux jours suivants, Napoléon était dans Augsbourg ; que là, préoccupé, d'une part, de l'arrivée des Russes, de l'armée du Tyrol et du corps de Kienmayer, et d'autre part, de la double supposition ou de la tentative d'une retraite de Mack sur le Tyrol, ou surtout d'une bataille sur riUer, il n'avait admis que comme une folie l'évasion de Mack
3G0 LIVRE DIX-HUITÏÈME.
sur la Bohême, par la rive gauche du Danube. Il s'était donc cru, dans Augsbourg, au point cenlral le pliu^ important. Se confiant en Murât, depuis son succès d^e Verlingen, il lui avait laissé, vers TlUer et TJlm , ub. n commandement trop étendu. Ce Prince jugeant,- comni^^ l'Empereur, de Mack par Mêlas et par lui-même, s'é — lait entêté de l'idée de cette bataille sur l'Iller. Charg^^ de la préparer, il avait attiré à lui Ney et tout so»^^ corps, sur la rive droite du Danube, dégarnissais t ainsi la rive gauche, et n'y laissant que Dupont, d'Hi^liers, et quelques milliers de sabres et de baïonnettes^.
Mack, avec soixante mille hommes, traversant Ulnr^a, y laissant un poste, et se jetant sur la rive gauche c^- ù la Grande Armée n'était plus, y pouvait donc écras^^r Dupont, et s'écouler par celle rive en. rompant 1 ^ ponts qu'il laissait sur la droite de son passage. ^Sa n^arche par Nordlingen eût été couverte par le coi^^rs du fleuve. Dans celte retraite il eût ramassé, ou dfc étruit, nos traîneurs, nos grands parcs, nos bagages, et peut-êlre serait-il rentré glorieusement en Bohême, — — où il eût rejoint les Russes!
Mais un parti aussi vif et aussi entier n'allait poi^^nt à l'esprit faible et troublé d'un tel général. On poi^cr:^^' rait croire pourtant qu'il en eut la velléité quand, surlendemain de l'échec âe Guindzbourg , le 1 1 tobre, il a poussé sur cette rive gauche l'Archiduc vingt-cinq mille hommes, vers Albeck, sur la route i Nordlingen, contre Dupont et six mille hommes. Me celui-ci, s' aidant d'un bois, et se resserrant quand 1'^ chiduc s'étendait démesurément, a battu ce Prince; lui a arraché quatre mille prisonniers, avec lesque