‹ Histoire et mémoires (volume 4)Chapitre 172 sur 257 · CHAPITRE IIÎ · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIÎ

dats, dont il ne sait même pas le nombre, demeuré sans vivres et sans retraite, dans Uim et sur les hauteurs retranchées qui la dominent, on l'entend s'écrier : qu'il va s'y défendre , y détourner l'attention de la fuite de l'Archiduc ; que les Russes avant huit jours seront accourus, et que, à son tour pris entre deux feux , Napoléon sera forcé de fuir ou de se rendre! Tels sont les discours de Mack; car, dans sa détresse, leç paroles, à défaut d'actions, ne lui manquent pas encore.

Mais, dès le lendemain *i 5, attaqué sur les deux rives du fleuve , il est précipité , des hauteurs qui environnent Ulm , dans cette ville , où , menacé d'être brûlé le i6, il reçoit dans la nuit un parlementaire, et convient de se rendre le 25 , s'il n'a point été débloqué par l'armée russe. Vainement, et à trois reprises , ce parlementaire d'abord, puis Berthier, puis enfin l'Empereur lui-même, dans une entrevue avecLichtenstein, n'accordent que six jours à Mack ; ce général s'obstine, il en veut huit, A ces deux jours de plus, qui ne changent rien à sa position, son imagination fiévreuse attache le salut de sa responsabilité , de son honneur, déjà perdu , et le salut même de l'Autriche ! Enfin , le 17 au soir, il obtient cette vaine concession. Sa capitulation est signée, elle doit être consommée le ^5, et, jusqu'au surlendemain 1 9, le malheureux , paraissant consolé, triomphe de ce retard obtenu, comme d'une victoire.

Mais le 19 octobre au matin, trente-six heures après , invité à se rendre au quartier impérial , il y apprend : que, le 16, à une journée d'Ulm, l'Archiduc a déjà été atteint par Murât, avec perte de trois mille

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hommes; que, un peu plus loin, le 1 7, avant Neresheim, entamé une seconde fois, ce Prince a abandonné son corps d'armée et qu'il fuit avec quelques escadrons vers la Bohême; que, les 18 et x 9 octobre, vers Nord- «-

lingen , à deux fortes journées d'Ulm seulement , Ver-

neck et le reste de ses vingt mille liomme:», sortis d'Ulm m^m^^ depuis huit jours , avec six cents voitures et canons ^^jê^ê^^ dont ib ont été. surchargés , ont mis bas les armes; ^ <^rss; que, d'autre part, Bernadotte, Davout et les Bavarrois, ^ ^siM^\^y soixante mille hommes enfin occupent la Bavière, où my<:^ où les Russes ne se montrent pas encore ! Alors , anéanti i:P"^^ nti sous le poids de tant de malheurs, l'infortuné perd, avec -zi^^^^^ec tout espoir, le peu de présence d'esprit -qui lui reste. • -^-i^^te.

Sa détresse est si grande qu'on le voit près de s'éva .i»"s^a«

nouir. Éperdu, il abandonne tout, jusqu'au dernier n^i ier service qu'il peut rendre à son pays, en retenant notre ^-«^Wre

armée devant Ulm jusqu'au 25; Dominé par Tascen ^rx^n-

dant de Napoléon, non-seulement il renonce à cette -^^i^^^te concession de deux jours tant disputée , mais il se -^^^ se soumet à livrer, dès le lendemain 20 octobre, Ulm, ^ ^:^^^y ses armes, ses chevaux, trente- trois mille hommes qui i^^-^ '^i lui restent, et le temps, dont son ennemi sait si bien :tr9.'^n profiter : hâtant par là, de cinq journées, et sa perte -^^e et celle de l'Autricle .

Ainsi, et à ne compter que de nos premiers coups -^^'•^ sur le Danube , depuis le 6 jusqn^au 20 octobre , en ^^^^ quatorze jours , une armée de quatre-vingt mille -^^ honmies avait succombé, elle était anéantie ; la Souabe, ^^ la Bavière étaient reconquises , les Russes prévenus , ^^ l'Autriche ouverte, et cet immense résultat ne nou avait guère coûté plus de cinq mille hommes !

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