‹ Histoire et mémoires (volume 4)Chapitre 175 sur 257 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

sentai au général que, s'il persistait dans cette direction, après avoir manqué à l'appel du Prince, puisqu'il ne lui restait plus le temps d'y répondre , il manquerait à l'ordre de l'Empereur, qu'il pouvait encore exécuter. Ce nouveau point de vue parut si décisif à Saint-Hilaire , que, changeant une iquatrième fois, apjrès avoir ainsi erré depuis deux heures d'une direction à l'autre , il reprit celle d' Augsbourg. Cette fois enfin , persuadé qu'il continuerait et croyant ma mission remplie , je retournai en rendre compte.

J'eus tort à mon tour : porteur d'un ordre de cette importance, et l'exécution en devant être immédiate, j'eusse dû y assister. Ma mission achevée ainsi plus complètement, mon retour eût été plus intéressant, tplus utile, et Napoléon plus satisfait. Cependant, quand je le revis, il ne songea pas à m'en fîtire l'observation. Je le retrouvai à Donawertli debout encore, et habillé œmme je l'avais laissé la veille. Il était deux heures ^près minuit. Par égard pour Saînt-Hilaîre, j'abrégeai les détails de sa longue incertitude. J'indiquai seuleïnetit l'heure et le lieu où j'étais parvenu à déterminer ce général. « C'est d'autant mieux , me dit « l'Empereur, que l'ennemi a été bien battu à Veru tingen l » Puis , me conduisant à une console , il ajouta : « Voyons , où avez-vous laissé Saint-Hilaire? « Montrez-moi cela sur cette carte. » Ce que je pus taire sans hésiter, ayant bien consulté la mienne, et <[uant aux distances m'en étant enquis sur place, d*où je conclus l'heure à laquelle Augsbourg avait dû être occupée, a Fort bien , reprit Napoléon , et mainte- « nant allons nous reposer. » Ce qu'il ne fit guère,

terîe improvisée, le village de Verlingen. <^ Je sais a qu'on ne peut être [dus brave que vous, lui dit (c l'Empereur; je vous nomme officier de la Légion a d'Honneur! » C'était pour cet officier une double promotion : on peut juger de l'émulation qu'elle dut produire.

Le lo l'Empereur continua jusqu'à Burgau, d'où il alla reconnaître l'ennemi jusqu'à Pfàffenhoflfen. H venait d'écrire à Joséphine : « Que les Russes étaient ^< encore au delà de l'Inn ; qu'il tenait bloquée , sur « Piller, Tarmée autrichienne ; que l'ennemi déjà battu ce avait perdu la tête ; que tout annonçait la campagne fc la plus courte et la plus brillante, mais toujours « dans l'eau, par un temps affreux qui le forçait de <c changer de vêtements deux fois par jour ! '»

A la fin de cette joiu^née son quartier fbt ^bli à Âugsbourg , où il n'arriva qu'à dix heures du soir et resta deux jours. On a vu, dans le résumé précédent, ce qui l'y retint; pourtant ici, notre Jioint de vue étant surtout Napoléon et nous, il exige d'autres détails.

En ce moment, et depuis le passage du Danube, $a Grande Armée , partagée en deux, faisait à la fois face à l'Autriche et à la France : à l'Autriche, par soixante mille hommes maîtres de la Bavière, sous Davoùt et Bernadotte ; à Mack et à la France , par cent quarante mille hommes répandus en Souabe; depuis Albeck jusqu'à Landsberg, et dont il s'agissait maintenant de rallier la plus grande part sur le point d'attaque. Napoléon, arrivé le lo octobre dan» AugsboUrg, s'y trouve placé entre ces deux masses. Il y demeure

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