‹ Histoire et mémoires (volume 4)Chapitre 182 sur 257 · CHAPITRE YL Zn · texte numérisé non relu

CHAPITRE YL Zn

les consignesylorsc((ie^ passant prés d'un caveau obscuir, je crus en i entendre* sortir de sourds /gémissements ^ mêlés à «des chants bruyants et à des éclats de rire» Je m'arrêtai pour interroger un factionnaire qui me i'épondit quti y en effet^ les méiues accents' de; douleur, interrompus par ces éclats de joie, l'avaient étonné. Nous écoutàmiesv et , n'entendant plus que le bruit des; verres, j'allais passer^ quand un nouv^u cri faible et plaintif vint j usqu à nous . .

^Dans mon émotion, après avoir vainement sondé tous les alentours, je pénétrai dans une salle ba^e, oii le bruit de l'orgie retentissait. C'étaient des courriers et des valets attablés^ qui se réjouissaient aux dépens des vins qu'ils venaient de découvrir. Je leur imr posai silence^ leur demandant s'ils n'entendaieint donc pas , fort près d'eux , gémir et se plaindre. Ils me répliquèrent insoucieusement qu'ils avaient bien ouï tjiielque dhose de pareil, mais que ^ n'en comprenant pas la causé, ils n'y avaient plus songé. « Cece j>endaTit plusieurs de vous ont couché ici, leur « disije, et dans le silence de la nuit vous avez dû « mieux entendre! » Leur réponse fut la même : « Ces gémissements avaient troublé leur sommeil; w une odeur infecte et cadavéreuse les avaient imporv- « tunésy tnaisfïie les avait point empêchés de se rence dormir! » Alors, indigné : ce Debout! leur crîai^je, « et suîvtà-tnoi! » La recherche fut longue encore ; poth^tant, derrière un amas de planches^ et dans ce caveau même qu'ils habitaient, nous parvînmes à décdùvrir une porte massive qu'on semblait avoir dérobée soigneusement à tous les regards. Elle réâsta

longtemps à nos efforts; entrouverte enfin, une odeur fétide 9 qui s'exhala , me fit reculer ; mais y en avais déjà vu assez pour sturmonter cette répugnance.

Ce caveau peu vaste , etassez» bien éclairé ^ m'avait montré, à la fois, toutes les tarturies de la^ouiTçaoïçe^ toutes les expressions du malheur et die la douleur! J'ai vu bien des scènes horriWes, mais tous les détails de celle-ci sont restés gravés dans ma mémoire. . Plusieurs corps de soldats autrichiens, morts de leurs blessures ou de faim, barraient au dedans la porte; vraisemblablement, après l'avoir fermée» sur eux, leurs efforts n'avaient pu la rouvrir. Là gûsaitiiw ditJeurs officiers resp^^nt encore , mais à ^ demi étouffé sous ces malheureux qui avaient expk'é sur lui. Plus loio^ d'autres corps, dcmt^dusieurs avaient les bras rongés^ étaient étendus çà et là, les uns Éivec d'erp'ession de la rage, les autres dans l'attitude de la prière. Ao milieu du caveau un second officier tout souillé de saog, en m'entendaM entrer, s'était relevé sur ses genoux; il étencSt les bras vers nous ; mais, épuisé , il retomba sur les mains , puis sur le front, et de sa bouche qui écumait, il rendit, avec le râle de l'agonie, son dernier soupir! Un troisième officiel^ était accroupi sur une table, où sans doute il étak monté pour atteindre le soupirail et appeler à son secours;: sa'téteallait et venait; ses mains vaguaient autour de^lui^ comme s'il eût voulu se prendre à quelque chose, seret^nir à la lumière du jour, à ce monde /à la vie qui hii éfclfâppait !....... Mais c'est assez ^ c'en est ti*ôp pèut-élre, et

lé courage me manque pour acheVéï'i En un mot 5cs infortunés, morts ou mourant de faîih, de sdif surtout.

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