CHAPITRE VII
rechâl Bertiiier, sur la position des Russes , et que le maréchal Ney et son corps restassent devant IJlm jusqu'au 25. Cette dernière (exigence est puérile, puisque, en tous cas, il faut bien laisser ici des forces pour garder et faire escorter jusqu'en France, l'armée prisonnière.
En sortant de chez l'Empereur il m'a aperçu, et s^est écrié : « Qu'il était cruel d'être déshonoré dans « Fesprit de tant de braves officiers! Qu'il avait « pourtant, dans sa poche, son opinion écrite et sice gnée par laquelle il se refusait à ce qu'on disséminât « son armée, mais qu^il ne la commandait pas, que 4» l'Archiduc était là ! »
Il se peut* qu'on n'ait obéi à Mack qu'avec répugnance. Ce qui est sûr, c'est que, après ma dernière •conférence avec lut dans 131m, et quand la capitulation fut évidemment: convenue , l'attitude de plusieurs deis géhérfeiux autrichiens qui Fentouraient m'a scandalisé. Il me fut facile de juger qu'une jalousie envieuse, satisfaite de la ruine du chef qu'on leur ^vait imposé, remportait en eux sur toute convenance, et leur faisait oublier en ce moment tout patriotisme. Plusieurs? autres, il est vrai, parmi lesquels MM. de Lichtenstein et Klénau , laissaient éclater le dépit le plu^ amer.
Ce soir 19 octobre, on sait que les six njille hémtiies de Jellachich, édiappés au maréchal Soult au delà de Biberach, fuyent vens Feldkirch, comme, du côté opposé, l'Archiduc s'évade vers la Bohême avec cjlièlqoes escadrons* Ainsi, après divers combats partiels commencés à Donawerth le 6 octobre , en quatorze jours et sans bataille , cette armée d'environ
quatre-vingt-huit mille hommes, y compris les renforïs envoyés par T Archiduc Jean, et non compris dix-huit mille hommes échappés avec Kienmayer, Jellachich et le Prince Ferdinand sur trois directions , aitra été ou décimée ou faite prisonnière !
Aujourd'hui 20 octobre , trente-trois mille . Autrichiens, dix-huit généraux, avec quarante drapeaux et soixante canons attelés , se sont rendus prisonniers de guerre! Cette armée captive a défilé devant TEmpereur, au pied d'un rocher, entre les corps de Ney et de Maritiont rangés en bataille à droite et à gauche , leurs armes chargées. En passant, les prisonniers saisis d'admiration suspendaient leur marclie pour contempler leur vainqueur. Beaucoup ont crié : f^Ue r Empereur! Puis, avec une émotion contraire, l'es ùiis avec dépit, d'autres avec empressement, sans attendre l'ordï^e , se sont désarmés. Les fai^tassin^ oat jeté leurs fusils sur les deux revers de la dhaussée^ les cavaliers ont mis pied à terre , ils ont abandonne leurs chevaux à nos cavaliers, et rartillerie ses canons, dont nos artilleurs se sont emparés. Les officiers^ renvoyés chez eux sur parole, ont seuls conservé leiBPs armes.
Dans nos rangs éclatait un enthousiasme dHïicileiment contenu à la vue de ce triomphe! Pendant cfe long défilé, qui a ramené successivement dans Llni cette masse de prisonniers, l'Empei^eur a rétièilii près de lui les généraux autrichiens. Ses nianiètes et ste^ paroles avec eux ont été douces, bienvéîllailtiès , ta-^ ressantes même. Il a cherché à lés cons^olèi- de leur' revers. Il leur a dît : a Que la guérie avait ises