CHAPITRE IL
Concevra-t-on mieux qu'ils y soient restés sur la défi^nsive devant Masséna et quarante mille hommes; qu'ils se soient laissé enlever, le 1 7 octobre , à Vérone , le passage de l'Adige ; et qu enfin, avec plus de quatrevingt mille hommes contre quarante mille, l'Archiduc se soit contenté, les 39, 3o et 3i octobre, de soutenir défensivement la téméraire, la sanglante et triple bataille de Caldiero, restée indécise?
Quaot à l'habile retraite qui suivit , mais dans laquelle l'Archiduc Charles sacrifia cinq mille honunes poi^r gagner vingt-quatre heures , la nouvelle du désastre d'Ulm , la nécessité de jeter dans Venise une garnison que contient Saint- Cyr, et de revenir au secours de Vienne, motivent ce mouvement rétrograde. La suite .expliquera comment ce Prince, poursuivi pied à pied par l'opiniâtre et impétueux Masséna , et prévenu par Marmont à Gratz, fut successivement écarté de son but, rejeté sur la Hongrie, et, arrivant partout trop tard, ne put ni sauver Vienne., ni parer le coup de massue d'Austerlitz, qui écrasa Alexandre, contint la Prusse et soumit l'Autriche.
Cela posé, ^t l'histoire ainsi satisfaite dans les traits principaux qui doivent rester de cet épisode , rentrant dans les détails, je n'ai plus qu'à reprendre le récit journalier de mes souvenirs.