CHAPITRE IV
On a vu que Murât venait d'être vivement réprimandé de l'emportement de son ardeur à courir à
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Vienne, et à jentr^vîner après lui les corp^ dçs i|iajrécli^ux Lannes et Spult. L'é\énement prouva çepenr dant que, cettjç fois, il ne, s'était pas trompe. ïl se peut nièmè bue, dans ce but devepu bien plus pressant à atteindre, comme on va le voir^ les contre-ordres de rÉinperçur à ces trois cofps lui^ aient fait perdre yip^tquatre ^^leures, dont les Russes profitèrent.
En effçt , son espoir d'écraser, sur la rive .droite, le prepiier coras russe en avant de Vienne , étant frustré , et Vienne et cette rive lui étant abandonnées , desquil sjut Mprlier sauvé, u^n autre espoir le saisît : celui de devancer par la rive droite, en courant à- Vienne, 1 ennemi qui lui ecpappait par la rive gauche j d'y sùrprêniîre le passage ^u Danube, d'où, se préci-, pitant en force sur cettç autre rive, il s'interposj^rait entre Kilt usow çt Buxwoden, coupant à Ja première armée russe sa retraite sur la seconde , et la faisant prisonnière en Bohême, comme u avait pris Mack en Souabé.
u èstWrai que, pour qu'un tel espoir ^e^ réalisât • il fallait qu'il arrivai deux choses invraisemblables :, d'abord' que Vienne, assez forte pour nous arrêter quarante-hûit lieures , sans danger pour elle , nous ouvrit ses portes ; puis, qu elle nous livrât intacts ses ponU sur le Danube. Ce tut pourtant ce ,qui firrivà. Sqit découragement de î*Empereur d'Autriche^ soit haine d allies , qu avouaient hautement ses oniciers contre
les Russes, Vienne ne ht aucune résistance; quant a
■: ;.. v^i',;^ '. »j. ^-^..^ '■■^^: T ît:^i,r; J^>'r'\ViT}i-n^yil ses ponts, une ruse de euerre nous les livra. , . ^
Pendant que Giulaï, revenu en parlementaire, jçlait
attire et retenu le 12 a Samt-Pœnen, Lannes, Mur^t,.
' CflÀ PITRE lY. 4^7
et Sebasiîani en lêtè , eiireot Tordre , Tun 4'enlrer dans Vienne, les autres de longer la rive d\\ Danube, et de s'eraparer des ponts de cette ville. Le i5 novembre,* Vienne s*élant livrée sans coup férir, ils coi^rurént à ce passage, en rompirent la barrière, et s'engagèrent aussitôt dans le défilé sinueux formé par les petits ponts. Ceux-ci étaient entre-coupés d'iles boisées qui dérobaient notre marche à la vue de$ artilleurs et du général autrichiens, postés sur le grand et dernier pont du fleuve. I^nneset Murât 'avaient mis pied à terre, et, suivis de leurs grenadiers l'armé au bras, ils poussaient devant eux un peloton ennemi, agitant en Tair leurs mouchoirs, annonçant un armistice, et parlementant avec Tofficier qui commandait. Celui-ci, tout étonné, reculait ne sachant plus ce qu'il devait faire, et communiquait derrière lui son indécision. Ce fut ainsi (fue nos chefs atteignirent le grand pontet l'instant le plus critique. Ce dernier passage était tout chargé d'artifices, de matières inflammables, et d'une batterie prête à foudroyer notre colonne. Mais cet aspect , au Ufeu d'arrêter nos maréchaux, hâte leur marche; et quand, démasqués par le peloton ennemi en retraite, ils voient l'officier d'ar^tilleriè autrichien , enfin décidé , saisir la mèche , ils s'élancent ! Dodde le premier, alors colonel de notre • génie, arrache à cet officier sa lance à feu; on se mêle ; et , toujours parlementant , pendant que nos grenadiers débarr^ssçnt le pont, et que Bertrand se fait conduire au Prince d'Auersbourg, Lannes, Mur^t et iS^bastiani gagnent l'autre rive dont ils s'empa7 cent.
■'' On' Ml ^it maître aTant i^e le |»uv^re Prioeey sUip^h^iieiiee coup de Jiiain^ y eut rien oompm. Les "defij^^misrédi^ox, sat^faîis d'une oonquéleaussi importÉPiite tfiA devak décider du soat des Russes/ne poussèt^eitt pAS pk«s loia la mystification de ce geHeral : ik !è liaiiisef^M (aif, dbparaltre dafis la eanipaçne^ et pNOÉ^tër^ conlusâoii à son Eiiipei*eiir. Ce &itdaos ce tÈtèmé îov» 1 3 noMetnbre, à Brockersdorf et par fierifà^ây que Pfaipolêtm apprit une si henreuse nmiveHe. Tt^n^potté'êe joie il ac^0an]t ausâtôt presque seni i Sichoetibi^na. Je Tenais de Fy devancer a.vec un bataillon dont je disposais ks postes, ^uand il n»e fit appelé*». « Parlez à l'instant pcmrGratz, me dit4I, « et remettez à Marmoi^ cette dépédbe. Vous trou- ^<> vere^ Oudin a Meustadt; vous lui direz de pousser (c s^eâ pDsted jusqu'au Spitalber^^ mais pas au deU. * 'IttforîiieBi-tvous de toutes les ressources qu'on peut et trouver à Neu^tadt^ et écmiez-^mai de cetbe viHe» WfUènnénai doit «être entre Neuldrch et Bru^g sur « Vôtre passage ; lraverseas4eyet, s'il vous prend, iraaxgîneâfcquekjue subterfuge j dites que vou$< portes la fc! nouvelle dunaraiistfee]*.. EUifiu tireZ'^vous delà; (^ ^lulxkit ne laissez pas prendre les instniotîons^ie c^ je ihote confie ! » Et il m'en détaillait les moyens, quand je l'întefrompis ^en lui disant que je passerais, et C[Ue, en tout cas, je lui répondais de ses dépédies. • C'étalit pourtant I>ien à tout iiasard, j'en conviefis , ^t J)our pâfraitre tot^mirs prétet di^ios,^ue je ré- |[H>Tidais ainsi, car cette mission chanoeuae et ,si ieintaine me Vêhait bien mal à propos. La fatigue m'avait leîlértient épuisé que, l'une des nuits précédentes, en
fra versant ufi^cârntimitenieiity j'étab toti^ dans k nie «im eonnaissarrce. Qu'on imagine ma surfoise locsque, revefiu à moi, je me trouvai assis au centre di^une grande laèle bien servie , bien éclairée, âaohs une s»Ue ckâDde , et au milieu des* officiera de grenadiers à cheval tde notre Garde. Un hasard m'avait sauvé : ma bonne fortune avait voulu que , dans Tobsccnrité, Vvm 4>hx ,« heurtant du pied contre moi, m'eâl reconnu^ et que, me retirant du milieu des canot» et caissons près de m*écraser, il m^eût emporté datis ses bras è <^te place dlionnenr, où les soins qu'on me prodigua vettaientde me ranimer.
Il n y avait à cette défaiftance rien de surprenant : éefum Mtinîch, les jours, les nuits surtout, J'avais sans liesse marché, maudissant cent fois la nécessité où j'étais de passer, sans pouvoir m*y arrêter, devant les fe«x de nos fantassins couchés dans la ne^, -et dont j'enviais le bonlieur qui me paniissait bien fi|rand« J'allais ainsi, pressé par divers ordres et par i'heure, tant que mes chevaux pouvaient me porter; puis continuant encore stir cewi de paysans que je rènconti^Âs. Jenae souviens, entr 'autres aventures, que dans l'une de ces' nuits^ pénibles, m'efforçanl d*aticind» Moelkt avant le joicr, je rencontrai une rivière qu'il me faUut traverser à gué , et où je perdk fiàde etdhevaux empoités par le courant. Plusheu- Wttx que ma pauvre monture t|ui s'en alla flottant vers Je 'Danube, je parvins à gagner un atterris^nient, dWi je HCdfntmtrai' ma route à pîed, satisfait encore d'^am/ver à cette abbaye à Theure prescrite.
Quant) i ma raissioii de Gratz, je rexécutai jour et
MiSWÇ? ayfiîit |^d?ss)ppointément4 à mon iretdur^'dêi ne plu^ r^^rpjuver If Enap^reur< a ¥i©nne.i Jeue de l*6)09gïi<^ • qif M JBjc^jip^^ovi, j^> lui lappm . qiHe Marniènt» se itvàiitlik cra,ypir„ Pfir sa pi?^seqçe. en l SiJ^rkï ^ aui*défiléed^ilk Carinthie, détpMrri^ stir ]a Hongr^ la retraite dë^f^A^ chidMC,Çb?rleSt -.;/'. ..^^ .;. .^^-^i-^U J î>.<lAkOj:>!
l^i^i; ro^le quelQ.y^ai&fdei paFrourir élat^ die
Lepbçif £^ y^nne; en sorte^qucf nlon liécit irepèFlânt toiitel'atl^nUo^ de Napoléoyo^ sur lés ^souvenirs d^lâdé autyçt çpp^MÇ f il m'injterjffogea cutàebsemenb^ àn^ \é difl^ultes du passage du . SimmertiigjpBei^.>C'*é|ai^ >la posf^^,de,^^nt laquelle i^ s'était aarréte' enp'jg^^^'Qà di^it.^^éme qu'elle avait élé dq quelque cm^Adéràlipîi d^^s le^ Jï)otiHi /qui lavaient Uéterii|in<é'>aii^^ lèbi!ei9i*niistice jde L.eabeà! Malgré k^cafp^é d^ àà cpuise, j'avais observé avec soMsèea défil^s^^quelqb^ redp]L|tables qulls fussienlj ilsiiie m avpieilt fuel^ sétâM blé inabordables* J'expUquali ^wqtioii tnâis^<^^ qM^eceïteîOpinion conlîtamt la siébuevotu^u^il lâi^rM" com^e, Mne critique de celle qiië , éa ï!79'f^i «ai^'ëir était formée, soit quelqu'autre disposition p»éee6tè^' son esprit ,; elle ne me parut pa^^lè'Sfitisfeirev i^^^*>^
En eflÇet il était alors, et non skmiT^ism^/9némû^^ tep t d^s. éyéneiue^ts arrivée dépiii» < nm|f< '^départ ^ ^^ Sçhcpnl}j^\}nn^ ;D|ins la ^nùit du 13 stm 'i<4v ctlk oii ijk^ vais quitté iC(Blte résidence^ luirmémevtità versant Vietifie à r^u (le^ babitants^ en; aVàît pateé^^s^poiits^JkJui^ jouir de f^t^> conquête^ ! ^mic > en Aémoigmf 4 ^ hAt^tiêi' etàJHHi^9tt^,^alisfaotionVet^sixirtoiit pioMif^éi profilée! ^ Il ^]^9Jît bât^<4r^^fîi)it' aveeles^Rmsesjietidr&uf»
t}ué:.GâuJat venait^ à Finstahrée lui fl^preildfé^lftiébëà- $îai](4e{ Frédéno à k cofflitioii'.i'Il ÊrWiî dohb ârtiM^l pi^se. Lainnes^i avec les (Kvtelôtts l Suçhét , Oilïïîhlofty Ib K^ftii^terie^^deMtiTafcetli^ cofpsidit marë^îhal StitA/vëi^ 2in9im>^^ùt kl rôHte de flohêfiie^ pôui* cbtl|)d^%li^è p<eAi1aîlie à Kutnsolw^ ipji venait de Rt^ëmà. iu n^ ^
Le combat de Diernstein contre Mortier j ta prëiétféé db Biernadolte envoyé :de'Mt)dkt s tijp te rivfe^ ^aïiéhe «^eQiJl'<^rdn8 >de taloi^nef Kutusotv, etla dîttfciilt^yèl ch^ittiiis^yi avaient dû vailenttr ïe ttiôirieriieTit rë^r<^g^2ilclé ctecftfeld^maEéohaivAussîFEmpereuiisetâi^^^ à iccri(pie *cçjltelp»emièpe î^arnice dé (ferite^sî^^'ftiUlë fiUBSC^^ baroeléé i&B queue par vii^t hiîHe^hé^^îÈf^^l et ïÇfeUpée enj tétç. pk» cinquante mille , §éi^Sît^*ffë!liïyite^ oU(.iprisei Ce .PeswUàt devait ^décidèr'tfi^ kbVi dfit lrt> 0«b^3gnfil ^tuée FiridécSsî^ dè'Fi^êi^iiV ililwi^yaitpakii iafaiffible^ et il venfifît dé Iifi ëçliaji^ fi^vl Mtffatijuque isa pusé- dé* gùeiire ati^c lèà' illttW^^ chî^n^^ sur le ^ppalt^e iViçnhp, avait si feieti^Sërvl^^ \^li|iit^ siUiqpQmeiDt^d'en rèôueiUlr les frtiîtsj^ë^iélàfei s^i^ prlainçli^pariles Russes ^unbenibti^lè stMla^iiié^^
Kutusow^ ièn i précipttj^ïit sat ?rôtt«aifé de* Ki'ëttis ^ sW Br(^flmt«^;aitf ipourt la «ouMrir eontrô^ Mtvûil j^i^^é^gçWiWî<ft;sepliîfmUeiifas8esiàr*8a *^ br^Mprtv ^rlainowlecdeufiohêifie qdWlwi^^felfeit tVi^ vemea^ à Znatm^ MuratiàGcouiraît>^ ie^e^e ' hiêttiè^i^iMtë eià4^|e?.da)<{in€^aBt0((nnlle; h^MniriéS; 'il'^À'at^it' i^V' attoquef , à fM)i(^s6en^)à<tout]i€u}btiter'|devÀni!M ^c^i'S- ^ Zn#JM^3Qi| tiauisaîl dimauiieé^^ d^tviiit iôU< pl^ 9ë^iMrié^ cb«l(pi**»»iJVbi$;>î^«ivirifîpeéc»tttrë^«àg<^^^^
442 LIVRE HIX-KEUVIÈME.
brunn; et, au lieu de lui passer sur le corps, il avait perdu le ttanps à 1 écouter parle^ieutti*. Une feiale capitulation dé ce génénal rosse Tayait endoroil vin^ quatre lieiire&y pendant lesquelles Kutusow ^' était écoulé derrière HoUalnrunn et si^r Brunn,, en toute hâte! .
Celait le 1 5 novembre, et sur la foi de Wintjûgerade^ aide de canap d'Alexandre, que œtte al)surde oosveation avait leurré le beau-frère de notre ËifOipereur.
Mais ce qui n'est pièxe plus concevable^ c'est: que Napoléôa, contre sa coutume , eût abandonné à .son lieutenant ce grand coup de gueire, et que, le j4 ^^' vembre^ s'en reposant sur lui, il fût retourné à Scbœobrunn! Setait-il défié de Vieane? hai avait-il plu de se montrer ce jour-là à ses habitants, confondus <de le voir rentrer dans leurs murs par la porte du Danube? Avait-il eu hâte de proclan>er l^aulement, comme il le fit, limmensité des trophées que celte capitale ennemie venait de livrer à sa victoire? ou bien plutôt, à en juger par ma mission près de Hilarmont et par la répartition des divisions de Davout poussées vers Neustadt, Presbourg et Brunn, sur les trois av^qiies de Vienne, avait-il craint quelque^ retour offensif, et jugé sa présence encore indispensable sur ice point ceniralr pour s'en assurer la pos^ss^n? Je ne sais, mais ce qui estsùr, c'est que, à la nouvelle de cette convention insidieuse, ^e repentant amèrement de sa ctoiifiance en Murât, il lui avait eavoyé Tordre de tout rompre» l'instant même et d'atta«|iier. lAit-meme plein de colère était accouru ; mais il n efait arrivée le 1 7 qu'apr^ le diipc tardif et san^ant d'Hoil^brunn,,où, ie . 16 au
soxr, Bi^;rafictti, sscrifiafit les dean tiers des sejKt miUe Russes qo!il cômniaiiidaît^ avait encore arrête., six heures durant , l'effort de \ingt-cinq mille hommes !
Pendant la nuit obscure qui suivît, plusieurs ruses de guerre avaient favorisé la fuite des restes de cette division. Les uns, se voyant atteints, avaient crié en français qu'ils étaient des nôtres, et on les avait laissés s'écouier; d'autres, répétant les mêmes paroles, et nous laissant approcher, avaient, de leurs feux à bout portant^ augmenté nos pertes. Oudînot, que Duroc reitiplaça à sa division d«î grenadiers , était tombé blessé avec là plupart des officiers qui l'entoKiraieiit. Le cai> nage avait été effroyal>le ; on avait vaincu, mais Je iendemain, quand on arriva à Znaïm, Kuttisow était passée On n'avait pu, les joiirs suivants, <pïe ramasser ses traineurs, tellement harassés qu'ils étaient incapables deke défendre. Deux raille tombèrent aut mains de Sébastian^. Enfin cette'retraite , dans laquelle Kutusow devait succomber tout entier, ne lui avait coûté que six mille hommes ! Il venait de retrouver à Brûnn son Empereur qui y était arrivé de Berlin; il lui avait ramené trente mille hommes, que, au delà de Brûnn, il allait joindre, pries dé Wischau, à la seconde armée russe de Buxwoden, aux restes de Tarmée aulridnenne, et bientôt peut-être à rArcliidu<; Charles. .
Ainsi, après la catnpagoe d'Ulm si complètement termiaiée, celle de Vienne restait indécise. Jl fallait se rallier , se rçapprovisionner, se préparer à toutes les ddaiices d'une grande bataille à livrer aii fond de la Moravie , au Txnit d'unie longue ligne d'opérattoos, dont la Prusse menaçait tt)ut le flanc gauche, dé Stras-
4H LIVRE DiX.TiEIJVI^ME.
bom^lkViemie; lelétaU^ le danger de noire pôéitëoiiy qwe ietiait^d^acoroitre la faute d'HoUabmnn;^' ^J'