‹ Histoire et mémoires (volume 4)Chapitre 205 sur 257 · CHAPITRE VL 4M · texte numérisé non relu

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tique. Gelui-ci lui ayant répondu par la citation de plusieurs tragédies nouvelles, Napoléon, comme s'il eAt oublié Tarmée russe , k guerre et la bataille du lendemain , se récria , entra tout entier dans cette matière et, s'y éehauffaiat, déclara : « Que, à ses yeux, a nul de ces auteurs n'avait compris le nouveau prin- « cîpe qui devait servir de base à nos tragédies mo- « dernes ! Qu'il avait dit à l'auteur des Templiers, que « sa tragédie était manqûée ! Qu'il savait bien que ce « poêtene lui pardonnerait pas; que,encela,ramour- « propre d^auteur était inexorable ! Qu'il fallait louer ic ces Messieurs pour en être loué ! Que, d^ns cette a pièce, un seul caractère était suivi, celui d'un homme a qui voulait mourir ! Mais que cela n'était pas dans la « nature, et ne valait rien ; qu'il fallait vouloir vivre « et savoir motirir ! »

« Voyez Corneille, s'éeria-t-il, quelle force de. con- <c oeption ! C'eût été un homme d'État ! Mais les Ternit ipUers ; cette pièce manque de politique ! Il eût fallu <c mettre Philippe-Auguste dans la nécessité de les « détruire; il fallait, en Intéressant le public à leur a consérvatiod)^ faire .sentir foiîtement que leur exisiK tem'.eétaiit incompatible avec celle de la monarchie ; tf qu^Hsétaienrtidevenus dangei^^ par leurnombre^ «j leur& richesses et leur piii$san€*e ; que la. sûjçeté du tf'^Trène e^âgeaitléur destriiptioQ! » ,

>^ ? ce ^Aujourd'hui qu<fe lepyest^e de, la r^Ugipp païenne ^^rii^xiste plus, il faut JiHfQtre scènjBi tragîquq urj a,utr!e «qiB»)bfle. >C'e8t; WiippUl^M^qviïdoit 4ipevle.gr2|nd jwfiesÉpri^deiJajfirfgédifejpQdeçnel^C doit

«M«àipbder^ sUr^nolye th?alr<e, la fajLsiiité s^ntique;

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<( cette fatalité qijii rend OEdîpe criminel sans qfiîl <c soit coupable ; qui nous intéresse à Phèdre^ en diar* « géant les Dieux d'une partie de ses crimes et de <( ses faiblesses. Il y a de, ces deux principes daa& « IphigeBie; c'est le chef-d'œuvre de Tart, le dief- « d' oeuvre de Racine , qu'on accuse biea à tort de <( manquer de force! » Et il ajouta : (c Que c'était une <c erreur de croire les sujets tragiques épuisée; qu'il <c ea existait une foule dans l^s» nécessités de la ppli^ « tique; qu'il fallait savoir sentir et toudier ceAte <c corde ; que dans ce principe^ source abondaulie.d'é- <c motioi3s fortes, germe fécond des situaUans les plus <c critiques, autre fatalité aussi impérieuse, aussi do- « minatrice que la fatalité des anciens, on en retrpu- « verait lés avantages ; qu'il ï\e s'agissait quç de placer « ses personnages contradictoirement à d'autres pas- <( sions ou à d'autres pencliaats, sous l'influence « absolue de cette nécessité puissante! QuainuH tout <c ce qp'on appelait, coup. d'État, crimfe poUtiquie, <c deviendrait un sujet de tragédie, où, l'hoireiuré^Dt <c tempérée par la nécessité, un intérêt nouveau et « sou^nu se développerait. »

Alors> vinrent quelques exeiB9fJies,n»aisnoKi pas celiû de ses souvenirs qui peut-être l'inspirayL le plus en ce moment. L'un d'eux le reporta au teaaps de la oavipagne d'Egypte. A ce paroj>os, passant à uoi sii|eJt plus conforme à notre situation présente et aux habitudes de la plupart de ceux qui l'entouraient : << Oui^ re^ <c prit-il, si je m'étais emparé d'Acre, je prjçpai^ le <f turban ; je laisais usettre de , ^andesi *çu^tes« à « mon armée; je ne l'exposais plus qu'à (a fi^imtf

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or extrémité; j'en feisais mon bataillon sacré ^ mes im- « woFtels! C'est par des Arabes, des Grecs, deS: Ara raéniens que j'eusse achevé la guerre contre les « Turcs! Au Keu d'une bataille en Moravie, je ga- <t gnais^ une bataille d'Issus , je nie faisais Empereur c( d''Orieo«t, etje revenais à Paris parConstanlinople! »

Il accoiîîjiagna ces derniers mots d'un sourire, <iomme pour»indîquer qu'il se laissait enlraîniCF à nous rappeler l'tm des jeunes rêves de son ima^nalion conquérante; rêve qui, toutefois, se serait vraisetubla>~ blement réalisé, piiisqiue, selon d'irrécusables témoignages de voyageurs alors présents dans le Liban, cent raîlle chrétiens l'aivaîent attendu de ce côté, l'apj^elant dé tous leurs vceux, et prêts, au signal de la prise d'Acre, à venir se joindre à ses armes!

En ce BBoment je hasardai, à demi-voix, cette observation : (cQues'ils'agissait de Conslanlinople,«noiiS 9t étions encore stir le cbemki de cette capitale ! » Je ne sais si Junot m'entendit, ou si, la même pensée lui étant venue, il crut à propos de répéter les lïiêmes paroles, mais Napoléon lui ré pondit : « Non,je connais IrsFran- « çaîs ; ils ne se croyent bien qu'où ils ne sont pas. Avec * eux les longues expéditions ne sont point faciles. <f Et tenez ; rassemblez aujourd'hui les voix de Tar^ a mée ; vous les entendrez toutes invoquer la France ! <t Tels sont les Français ! c'est leur care ctère. La France « est trop belle ; ils n'aiment point à s'en éloigner au*- «t tant, et à rester si longleniji)s séparés d'elle! » A quoi Junot ayant objecté les témoignages d'ardeur qu'on voyait éclater dans tous les rangs, le général Mouton, diesaTotx austère, i'ialerronnpii rudwnent par

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ces mots : « Que ces aGcIaitiatioDâ prouvaient le oon- (c traire; qu'il die fallait pas s'y itranipec;: q^e rarii)ée ce était fatiguée; quelle en avait assez; que, si ron i< voulait l'entraÎBei^ plus loin, eUe obéirait , naàis à « contre-cœur; qu'enfin elle ne montrait tamt^'ara deur la veille de la bataille^ que dans Tespoir d*en « finir le lendemain^ et de s'en retournercliez eHefI »

L'Empereur, à qui ces paroles si loyales plaisaient peu sans doute, leur donna pourtant raison; msdsil rompit l'entretien, et se levant aussitôt : j» Eiii atten* « dant, ajouta-t-il, allons nousi battre! » '

Cependant le jour était arrivé à son déclin; le mouvei^ient à gauche de l'ennemi conlinuaifc^ et Napoléon, dont toutes les disposilieqs étaient prises, après avoir renouvelé ses inslimclions, visita; ses paires, ses ambulances, et s'assura, par ses yeux, que fous ses ordres étaient exécutés. U revenait à son bî'vauao^ lorf*que, entendant à sa droite une !vive fusilkide, il y envoya l'un de nous; puis^ se jetant sur? la paille kle sa barraque, il s^y endcH'mit profondémen t^ :

U dormait enccKre, et depuis quelques heure» la nuit du i" au 2 décembre était dosey quand i'aide dfc camp revint^ le réveilla non sans peine, et lui apprit qu'une attaque d^aude vers les lacs, sur l'un des derniers villages de notre droite, venait d'éti'e repoiissée. Cela confirmait ses prévisions; mais, voulant une dernière fois reconnaître lui-même, par les feux des bivouacs, les positions de l'ennemi, il remonta à cheval, et, suivi de peu d'entre nous, il s'aventura entre les deux lignes.

U les prolongeait lorsque, en' dépit de plusieurs aver-

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