‹ Histoire et mémoires (volume 4)Chapitre 220 sur 257 · CHAPITRE I. 4U · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. 4U

reillement. Dans cette même année 1806, le Protectorat de la Suisse et la Confédération du Rhin se seront consolidés ; Neufchâtel, Bei^, l'Italie méridionale, la Hollande et, quelques mois plus tard, la Westphalie, seront changés en Principautés et en Trônes de famille ; le système continental sera proclamé au milieu de la Prusse conquise, delà Pologne délivrée jusqu'au delà de la Vistule; et, bienlôt après, la Russie domptée par la victoire ae réunira à ce système !

Pour cette création du Graiid-Duclié de Berg pour Miirat, et surtout pour les Trônes de Naples, de HoUande et de Westphalie, donnés à ses frères Joseph, Loui& et Jérôme, ce n'est point à moi de dire si, dès lors et en cela, l'Empereur, quelque grand qu'il fût, ne dépassa pas la mesure. Mais, en le voyant ainsi tailler avec son épée ^ant de Royaumes et y improviser ces Monarques sans précédents, les plus réfléchis d'entre nous s'étonnèrent. Ils crurent que, dans ces Rois inaccoutumés, et si imprévus à leurs royaumes , origine et langage, habitude et mœurs, tout serait obstacle à leiir naturalisation au miiieu de leurs sujets, et bien pli»s eaccxre dans la ÊimiUe des Princes anciens, si fiers de leur royale descendance^ Rois issus du temps dont ils avaient tant d'intérêt à défendre la consécration. Ainsi parlaient déjà, mais à voix basse, quelques-uns de nous; et pourtant ceux-là même, entraînés comme nous dans ce tourbillon de gloire, s'y abandonnèrent.

D'autre part, dès son retour à Munich après Austeriite, danssa coarre^ondance, comme ensuite à l'ouveriUre de la session de 1806, Napoléon s'était en qvi^lque sorte déclaré Empereur de Rome. Il gardait

Ancône; il avait exigé du Pape que les sujets de nos ennemis fussent expulsés des Etats Romains. Mais le Saint- Père se refusait à celte contrainte; il blâmait les lois organiques du Concordat ; il repoussait leur extension au Royaume d'Italie ; il se plaignait du Code Civil, en ce qu'il autorisait le divorce ; il réclamait Aticane, et son droit d'investiture de la Couronne de JNaples. De son côté l'Empereur, après des récriminations plus ou moins fondées, ne répondait à ces plaintes que par l'occupation militaire des ports romains et par Térection des Duchés de Bénévent et de Ponle-Corvo en faveur de Talleyrand et de Bernadotte. Dès lors s aigrirent de plus en plus des relations , en quelques points peut-être, trop difficultueuses d'une part, mais certainement de l'autre trop exigeantes, trop ambitieuses et impérieuses, surtout quand les souvenirs du Sacre eussent dû disposer Napoléon à moins abuser de sa puissance.

Mais, après avoir tracé ce sommaire du gouvernement administratif et politique de l'Empereur en 1806, avant de me laisser entraîner plus loin sur ce sujet, l'ordre de mes souvenirs me rappelle à l'expédition de Naples, à laquelle Napoléon, en quittant la Bavière, m'avait attaché.

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