CHAPITRE YII
départ pour l'Egypte , il avait passé à reunemi ; mais qu'il venait se rattacher à sa fortune , achever la sienne, lui livrer, tous lessecrelsde F armée autrichienne , et se charger, pour vingt-quatre mille francs , d'aller la tromper par de faux rapports que lui dicterait le Premier Consul. Le marché fut conclu, tenu, et Napoléon envisagea cette rencontre comme une des faveurs de la Fortune.
En même temps lui-même s'était dirigé sur Milan, en renversant brusquement quelques obstacles. Aussitôt, partageant en deux son armée, une moitié nettoya la Lombardie et s'y établit depuis Ivrée et Chi- \asso jusqu'à l'Oglio , face au nord , à l'est et à l'ouest ; tandis que l'autre moitié, achevant de la traverser vers le sud-est , courut se mettre en ligne sur le Pô , à la gauche de l'avant-garde. Celle-ci était déjà à Pavie, comme on l'a vu; le centre aborda le fleuve devant Plaisance , et la gauche jusque dans Crémone, où commença le passage. Dès lors; le pied sur la rive droite du Pô, seconde ligne d'opérations ou de retraite de Mêlas , la seule qui lui restât , cette aile gauche la remonta sur plaisance , où, par un vif combat , elle ouvrit le passage du fleuve à notre centre ; puis tous deux continuant vinrent à l'appui du troisième passage , celui de l'aile droite, que, en ce même moment et devant Belgiojoso, sous Pavie, Lannes effectuait de vive force.
56 LIVRE TUEIZIÈME.