‹ Histoire et mémoires (volume 4)Chapitre 24 sur 257 · CHAPITRE VIll · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIll

Cependant ' Napoléon , resté dans Milan depuis le 2 juin , y avait rétabli la République. 11 y relevait le parti- italien, l'excitait par le tableau des proscriptions autrichiennes; il l'appelait aux armes, et tout à la fois il protégeait le clergé. Il attendait l'occasion à ce point central , ne se fiant à personne pour tout préparer, et n'aimant à paraître en tête des troupes que pour frapper des coups décisifs. Mais, à la nouvelle du triple passage , lorsqu'il voit que, depuis les Alpes jusqu'à l'Apennin , l'Italie est occupée par son armée et le Tessin fortement gardé en arrière de son adversaire ; quand il apprend que ses trois colonnes , réunies sur la rive droite du grand fleuve, repoussent l'un sur l'autre les corps autrichiens surpris sur cette voie de retraite, il juge le moment décisif arrivé : celui de frapper, coups sur coups, sur ces ennemis déconcertés, de les refouler sur le Piémont , et de les détruire en détail, afin d'éviter, s'il se peut, les chances d'une grande bataille.

Il quitte donc Milan , arrive à Pavie le 7 juin , et, traversant aussitôt le fleuve et ses divisions , il pousse au galop jusqu'aux avant-postes. Là, selon son habitude, généraux, habitants, prisonniers, le terrain aussi, il interroge tout ; il s'informe des moindres particularités, consulte ses cartes, et donne à chacun ses ordres. La plupart de ses soldats n'ont pu l'apercevoir ; mais à la hâte soudaine, aux mouvements précipités qu'on leur imprime, ils le sentent présent, ils croient le voir : car

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