CHAPITRE IV
Quand nous eûmes dépassé sur le littoral l'étroit défdé du cap deir Armi, l'antique Leuco-Petra, où l'Apennin finit , où il tombe presque verticalement et disparait dans la mer, pour reparaître, en Sicile avec des couches, dit-on, pareilles, mais sous un autre nom, nous parvînmes , au travers d'une masse de rocs blancs et arides sillonnés par des torrents, au cap Spartivento, extrémité méridionale de l'Italie et de la Calabre. Là, quelques-uns de nous prétendirent qu'ils apercevaient l'île de Malte. La nuit venue, nous nous hissâmes harassés jusqu'à Branca-Leone, misérable bourg de cinq cents âmes, sur un pic élevé, d'où, le lendemain redescendant sur la plage , nous la suivîmes jusqu'à Gerace , dans des sables mouvants qui faillirent nous engloutir. I^ chaleur était si forte , la marche toujours trop forcée si fatigante, qu'elles nous tuèrent plusieurs fantassins , et à peu près le chirurgien du Prince. Le pauvre docteur était tombé suffoqué, sans qu'on s'en fût aperçu , car, nulle route n'étant tracée, sur ce rivage, chacun y marchait à l'aventure. Mon