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CHAPITRE I

recrutement commença à remplir les cadres. ' Choix heureux de généraux, envois d'officiers habiles, instructions et adressés énergiques, transformation des bureaux, véritables clubs démagogiques, en ateliers soumis à la règle et au travail , tels furent quelquesuns des moyens employés par Bonaparte.

Dans les finances, â'aidant de Gaudîn , il chassa les vendeurs du temple, et y fonda, dès les premiers jours, les bases de l'admirable administration qui régit encore aujourd'hui la France. Aussitôt le crédit éteint se ralluma , le trésor vide se remplit, les propriétés publiques et privées reprirent valeur, et toutes les transactions suspendues se rétablirent.

Dans l'administration des départements de l'intérieur et de Ja justice, on vit de même cesser les proscriptions civiles et religieuses et renaître la confiance : les églises furent rendues au culte; la guerre civile s'arrêta ; dans les campagnes, sur les chemins, la sécurité reparut ; la justice, confiée en de meilleures mains, reprit son cours; les prisons, l'exil, là déportation rendirent aux foyers et à la patrie les victimes politiques. Des courriers, envoyés de toutes parts, en hâtèrent la délivrance ; Bonaparte lui-même sonda les cachots, en ouvrit les portes : « Une loi injuste, dit-il « aux malheureux otages, vous a privés de la liberté; « mon premier devoir est de vous la rendre ! »

Bientôt les anciennes gloires de la France, dont la mémoire était proscrite, sont réhabilitées; leurs cendres, dispersées parla main de la Terreur, sont recueillies; des honneurs funèbres sont rendus aux restes du pape Pie VI, mort dans l'exil au milieu des armées de

la République. En même temps, l'École Polytechnique, ébauchée, reçoit Torganisation qui fait aujourd'hui sa gloire; et déjà les plus habiles jurisconsultes, appelés de toutes parts, commencent nos codes immortels.

C'est ainsi que tous les biens perdus, promis, ou rêvés depuis dix ans, il les apporte à la France, et qu'il lui ouvre enfin la grande voie de l'honneur, de l'ordre et de la prospérité, au sein de l'égalité, en lui promettant la paix couronnée de gloire. Il ne lui demande •que l'oubli des maux qu'il vient eflfacer et son concours. Son géiiie ne craint pas d'appeler autour de lui toutes les lumières de la civilisation, toutes les supériorités intellectuelles. Il veut que, à dater de son avènement, une ère nouvelle commence ; qu'à l'éclat de son œuvre toutes les forces vives de la France, accourant et lui sacrifiant leurs passions , viennent concourir. Centre de cette action, sa puissance d'attraction est si forte, il élève si haut son drapeau, la grande voix de la Patrie parle par la sienne avec une autorité si imposante, <{ue, entraînés, enchaînés à sa suite, et l'utopie du baiser Âe la première assemblée législative se réalisant, on voit bientôt tous les talents, toutes les supériorités, lui apporter leur tribut ; bien plus, il force même à marcher, réunis dans sa gloire, vers le but qu'il s'est proposé, •et les proscripteurs repentants et leurs victimes !

Cette fusion active, dans une région haute, morale -et patriotique, a sans doute été l'une des plus difficiles «tdes plus salutaires victoires de Bonaparte : elle commença dès les premiers jours du Consulat provisoire ; pour en préparer l'achèvement quelques mois suffirent ; et c'est là, sans doute, l'un des pas les plus déci-

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