CHAPITRE
sifs qu'ai( faits, vers sa consplidation, la Révolution du dix-huitième siècle. Dieu luiaVait enfin donné le grand homme nouveau nécessaire à, la société nouvelle, pour la gouverner !
Dans cette régénération, telle qu'elle; était alors possible, de Fqrdre moral et social, Télan général de la France le soutenait ; mais autour de lui, que d'obsta- <îles ! quelle perversion profonde ! que de ménagements nécessaires! Combien de personnages utiles, habiles, indispensables, mais, soit par égarement ou faiblesse, <!ompromis dans les excès de la Terreur, se retenaient à ses restes, s'en faisant comme Tun de ces anciens asiles, sauvegardes de criâmes voulus ou involontaires! Ceux-là s efforçaient d'imposer silence à la voix publique, à celle de leur conscience, en défendant, en glorifiant même ces odieux souvenirs, de peur de les voir se changer en accusations , et d'être obligés de les accepter comnie des remords.
S'il en faut une preuve, on a vu qu'une fête infâme existait alors : c'était la célébration de l'anniversaire du meurtre de Louis XVI ! On se souvient de l'horreur <|u'elle inspirait à Napoléon avant son départ pour l'Egypte; le 21 janvier 1800 allait en renouveler la ^commémoration; Bonaparte était entouré de régicides, mais la pensée de présider à cette monstruosité lui fu|; si insupportable, qu'il ne put attendre que Sieyès, complice de l'attentat, eût cessé d'être son collègue : il le contraignit à l'abolir. Toutefois ce ne put être qu'indirectement, tant cette époque était encore imprégnée de crimes ! On décréta que deux fêtes politiques seraient seules conservées : celle de la Révolution
de 1789 et celle de la fondation de la République.
De même, quelques semaines plus tard, il se crut obligé à de semblables précautions pour rappeler les victimes de Fructidor. Ces déportés furent considérés comme émigrés. Ils ne parurent d'abord, en rentrant en France, que changer d'exil : divers lieux de surveillance furent assignés à ces nobles proscrits qu'il allait bientôt faire sénateurs, généraux et même ministres. Remarquons encore, que, à la liste de tant de personnages honorables ainsi rappelés, il se crut obligé de joindre deux noms horribles, ceux de Barrère et de Vadier qui la terminent. Ne fallait-il pas que la France fût descendue bien bas dans Tabîme révolutionnaire, pour qu'un génie aussi audacieux n'osât l'en retirer qu'avec tant de ménagements ! Mais à chaque retour généreux vers la justice, les terroristes effrayés, se retrouvant eh face de leurs victimes, criaient à la contrerévolution et au royalisme.
Un fait montrera leurs prétentions et leur impudence. L'infâme Barrère lui-même, secouant l'opprobre de son exil, venait d'oser écrire au Premier Consul et lui donner des conseils de gouvernement : il montra jusqu'à l'espoir d'être rappelé à la vie publique !
D'autre part, il est vrai, les chefs vendéens, rendant hommage à la générosité du Premier Consul, vinrent, dans le secret de la nuit et de son cabinet, lui livrer leurs personnes et lui avouer leurs espérances. On sait qu'il refusa le rôle de Monck qu'ils lui offrirent ; que de leur côté ils refusèrent de se rallier sous sa protection, et qu'il les laissa libres de recommencer la guerre dvile.
Mais j'anticipe. Quelque miraculeusement rapide