‹ Histoire et mémoires (volume 4)Chapitre 36 sur 257 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

fc verain s'il m'eût vaincu; je vaux bien l'Empereur « d'Autriche, peut-être! » Paroles hautaines, dont la fiefié pouvait convenir aux circonstances; mais , à Faîr et au ton dont elles furent prononcées , Vignolles, homme instruit et de mérite , y crut voir bien, plus encore : en sorte que , cinq ans après , quand nous nous demandions quel jour avait pu venir au Premier Consul la première pensée de changer en Empire la République, et de fonder une quatrième Dynastie, VignoUes ne manquait pas de nous citer ce fait, sa date et cette réponse.

Ce souvenir rappelé, laissons encore à l'histoire raconter le passage de Napoléon dans le Piémont rétabli provisoirement en République sous l'administration de Jourdan, le vainqueur de Fleurus; son arrivée subite à Lyon ruinée par la Terreur, et dont il commença la restauration au milieu des transports d'admiration et de reconnaissance de cette cité célèbre ; enfin son retour dans Paris au travers de la France sauvée d'ellemême et de l'invasion étrangère, et au bruit des a<v clamations universelles.

Nos annales feront alors remarquer la protection donnée par le Premier Consul aux arts , aux lettres françaises , et à l'instruction publique ; le maintien dç l'Institut contre l'esprit mesquin et suranné d'une vaine intrigue; la presse licencieuse enchaînée; le changement des ministres de la guerre et de l'intérieur, Carnot et Lucien Bonaparte, que Lacuée et Chaptal remplacèrent. L'indépendance républicaine et trop raide de Carnot gênait ; l'inconsidéfation de Lucien , dans ses sentiments alors tout opposés, devenait compro-

mettante. L'éclat fâcheux d un pamphlet répandu par lui décida le Premier Consul à éloigner ce ministre trop indocile ; Fambassade d'Espagne en débarra!»sa. En même temps la liste des émigrés fut réduite à ceux .dont les engagements au dehors dénonçaient Tattitiide hostile ; plusieurs complots royalistes et anarchistes ftirent déjoués et pardonnes ; le rôle de Monck offert par le Prétendant fut rejeté ; et néanmoins la France royale fut rattachée à la nouvelle France par les honneurs insignes rendus, sous le dôme des Invalides, aux restes de Turenne, puis de Vauban, comme à ceux de Kléber et de Desaix , enfin à toutes nos gloires anciennes comme aux nouvelles.

Ici viendront se placer encore : la fin de notre brouillerie contre nature avec les États-Unis américains, par un traité qui proclama les droits des neutres et réunit les deux Républiques; l'introduction des lois françaises dans les quatre départements du Rhin ; puis la conspiration punie d'Aréna; et même, en anticipant de quelques semaines sur Tordre des temps , la déportation, par sénatus-consulte, décent trente Terroristes, après l'explosion de la machine infernale du 3 nivôse, attentat conçu par les Jacobins, et exécuté par les Royalistes.

A ces détails les plus remarquables, et pour revenir à nos relations étrangères, l'histoire ajoutera les égards généreux du vainqueur pour ses prisonniers; le renvoi du général Zach libre à Vienne, et l'insidieuse mission dans Paris du général Saint-Jullien , qu'on s'efforça trop de croire chargé des pleins pouvoirs de l'Autriche poiu* signer la paix, le lendemain même du jour ou

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