CHAPITRE V
jusque veips FeidUrda : leur objet était de couvrir, à tout ha«£»rd.y sa retraite ^n Suisse.,
Ëa a&éme tempe il poussa des eorps d'observation vers les sources de d'Adda et de TAlbuia , a Bormio , ivos et Lens, et à tous ]^s débouchés de d'Ëogadine.
Son flanc gauche ainsi couvert , il se retourna subitenj^at vers sa droite avec ce qui lui restait de forées disponibles; <et, remontant le Rhin jusqu'à sa source, il traversa rapidement Coire^ Tusis, s'engagea dans la Via-Mala , voie malheureuse , et parvint au pied du Splugen. C'était attaquer l'hiver au cxeur, la famine dans son domaine ^ et toutes les horreurs du chaos des Alpes , à leur sommet et dans leur saison les plus redoutables !
De Tusis à Chiavenna il y a quatorze lieues. Da^s ce court trajet il fallut livrer à cette âpre nature l'un des plus périlleux assauts de cette guerre. Toutes les précautions possibles avaient été prises. Les traîneaux suffirent aux pièces démontées; mais les mulets de charge manquèrent aux munitions : on fut donc ré-, duit à surcharger, de cinq jours de vivres et de dix })aquets de cartouches, chaque soldat, qu'embarcassaient déjà bien assez sa giberne garnie et le poids de ^n sac et de ses armes.
Ce corps d'attaque fut partagé en quatre colonnes. La première, après Tusis et pendant plusieurs lieues, défila entre deux rocs si hauts et si resserrés que nos ^Idatâ voyaient à peine le ciel ; leurs pieds n'eurent là pour appui qu' un sentier de glace , corniche obscure , étroite et glissante, taillée dans le rocher, au bord d'un goufire , ^uAtrecoupée , à plusieuars reprises, de
mauvais ponts de bois sur lesquels on passait de l'un à Tautre flanc de ces deux masses; un abime de trois cents pieds était sous leurs pas, ^t sur leurs têtes la double montagne. Les torrent3 qui s'en précipitaient, des glaces pendantes sous mille formes, en girandoles, en longues larmes, et des avalanches que rompaient tantôt de rares sapins et tantôt d'insuffisants bliâdages, tels furent , dans cette Via-Mala et jusqu'au SpkigeD , les premiers et les moindres obstacles. Cette colonne parvint au Splugen le 26 novembre : ici l'on avait en face le glacier à surmonter; le 2'] on commença. Dans la bonne saison trois heures suffisent pour atteindre l'hospice , mais alors on ignorait s'il ne faudrait pas la journée entière. Pendant la première heure , la rive gauche du torrent qu'on remontait servit de guide et la fatigue fut supportable ; mats, quand la tété du vâl fut atteinte , une rampe, «roide de soixante degrés et d'une heure et demie de longueur, épuisa les forces. Pourtant le sommet fut gagné, la montagne vaincue, et l'on se trouva au partage des eaux du nord et du midi de l'Europe ! Le froid pressait ; l'haleine reprise , on chemina entre deux glaciers dans l'intervalle de quatre cents mètres qui les sépare : les montagnards jalonnaient le sentier que les travailleurs déblayaient; soixante dragons du 10*"*®, le général Laboissière en tête , en foulaient la neige.
On espérait gagner, avant la nuit, l'hospice où commence la plus haute plaine , quand, tout à coup et de, l'est, le vent s'éleva. Aussitôt des nuées épaisses de neige et de glace pulvérisée les enveloppèrent. Ilspersévéraient cependant , lorsqu'une énorme avalanche ,