‹ Histoire et mémoires (volume 4)Chapitre 66 sur 257 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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extrêmes d'où parlait le coup, les fit frapper toutes les deux , mais successivement. Ce furent , en dépit de Fouclîé , les terroristes qui , les premiers , en portèrent la peine. A ce sujet des paroles, trop remarquables pour n'être pas rappelées , avaient été recueillies pendant les quatre journées d'hésitation (le Bonaparte : « Veut-on, s'était écrié le Premier « Consul, que je prçscrive une qualité, que je perte sécute, que j'envoie à Sinamary dix mille prêtres, a des vieillards , la moitié de mon Conseil, et que je « m'en compose un à la Babeuf? 11 n'y a là que des « septembriseurs; des instruments des massacres de « Versailles, du 3i mai, et de Grenelle; des scéléft rats qu'on retrouvé dans toutes les horreurs de la « Révolution, en conspiration permanente, en révolte « ouverte , en bataillon carré contre tous les gouver- « nements, et calomniateurs de la liberté par leurs « crimes : misérables , toujours ménagés et défendus « par des ambitieux subalternes! )i

Et il ajoutait : « Que d'ailleurs la chouannerie , « l'émigration étaient des maladies de peau , quand « le terrorisme était un mal intérieur; qu'il en fallait « finir avec le quartier général de cette bande de dix « mille jacobins toujours survivant à tous leurs at- « tentats révolutionnaires; qu'il avait un dictionnaire « de ces massacreurs; qu'il fallait les juger par ac- « cumulation de crimes ; qu'il s'agissait d'en déporter ' « deux cents ; que le reste , atterré , rentrerait dans « Tordre; qu'alors la confiance renaîtrait enfin dans « la classe intermédiaire, si timide, que ces deux cents « loups enragés, toujours prêts à se jeter sur leur

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<c proie, tenaient en suspens; que, s'il fallait pour « cela un pouvoir exiraordinaire , et s'il n'apparte « nait à personne de le donner, c'était au Gouver- (c nement à savoir le prendre ! » Il termina par cette exclamation : a Point de métaphysique judiciaire! ce II s'agit de purger le sol français d'une lie sancc glante ! Je m'en chargerai, s'il le faut, tout seul ; non c( pour moi, mais pour l'ordre social, que j'ai mission « de rétablir; pour l'honneur national, que j'ai mis- « sion de laver d'une souillure abominable! w

Ici Talleyrand, interpellé, approuva : il rappela c[ue la dernière conspiration terroriste de Cerrachi avait interrompu, pendant un mois, toutes les relations diplomatiques, et ravivé la guerre alors hésitante et prête à se terminer. Il avait donc été décidé que, en s'appuyant du Sénat , on frapperait sur les terroristes un coup décisif. Dans le fait , et quant à ce dernier attentat, les deux factions extrêmes en étaient coupables : les anarchistes par la conception , les royaliistes par l'exécution. L'année 1801 commença donc par la déportation des cent trente plus dangereux révolutionnaires; par l'institution de commissions juridiques exceptionnelles; et, un mois après, par l'exécution des véritables assassins royalistes, enfin reconnus.

Ce coup d'Etat, frappé à propos sur les démagogues, les consterna : il suffit pour les abattre. Quant aux royalites, excités, soldés au dehors, leurs chouanneries s'étant ranimées , l'armée et les tribunaux spéciaux les anéantirent à la fois dans lous les lieux où ils se montrèrent.

Et il est remarquable que cette toute-pulst ance de

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