CHAPITRE VI. if:j
galerie, ait mtfteu d'une nwdtituded^scdiiciteurSy que je m'aperçus de la bévue que j avais commise. 11 n'était plus temps d'en revenir. Le Çrince était absent. Pendant une mortelle demi-heure d'attente je restai là coumie pris au piège , me maudissant , me dîssinmhnt j m'efibrçant de me rendre invisible ; n'osaœt regarder personne en face j tremblant que , parmi tant d'inconnus , quelque Français ne m'abordât , croyant enfin tous les regards fixés sur la sotte figure que je faisais et sur mon malencontreux uniforme. Pourtant , ce que j'avais si mal commmicé, je l'achevai mieux , c'est-à-dire plus heureusement que je ne le méritais, ie m'enhardis, me ^ssai dans la foule jusqu'à la porte de la chambre où devait entrer le Prince, et, avisant là un valet de chambre, je me décidai à m'annonoer à son oreille, en sorte que, dès que Godoï arriva , je fus introduit seul auprès de lui. Je me souviens que la pièce où il me reçut était tcmte nue et remplie du singulier étalage d'une foule innombrable de chaussures.
C'était un personnage d'une pleine et belle figure, quoique insignifiante , d'une taille élevée pour ce pays et vigoureuse , mais déjà un peu chargée d'embonpoint. Je lui trouvai, dans ses manières , peu de dignité : il me reçut comme on accueille l'envoyé d'un protecteur. Dans les empressements qu'il me prodigua il m'invita à dîner pour ce jour-là même; mais, revenu de mort impruderfce , qui déjà me torturait intérieurement, je lui fis remarquer qu'une telle invitation décèlerait notre entrevue, et qu'il conviendrait mieux au secret à garder sur elle que j'eusse l'air de lui être
enlièremenL kicomiii. Il comprit cette nécedsitr^ ^ reçut mon excuse ; et comme il n'existait pas d'autre issue à la chambre oti no\}s étions ; que cellepar laquelle j'étais entré, il mefaUut, en me retiratit ^reparaitre^e^ecoiicfe fois dans la longue salle d'audience 9 d^oùje m'esquivai CD me plongeant promptenient dans la foule ou je fus bientôt perdu ; après quoi^ gagnant peU à peu la pointe et prenant un détour pour rentrer chez moi , j'y cbtnràs me débarrasser de cet uniforme et dece casqtiedéiïénctaleurs dont je m'étais décoré si irilempestîvèraérit.
Dès lors , et pendant huit jours que j'àllendiî^ ' a Aranjiiez la réponse à mes dépêches, préoccilipë, bourrelé de mon étourderie, Madiiâvel^ Kii-ftiêmev eùtj je crois, imaginé moins de môyérts, moins de subterfuges, moins de paroles insiîdïèuses , que je n'en em|>loyai pour m'assulrer si notre anibàssadeur avait quelques soupçons de cette vfeite si mal combinée ; et pour la lui rendre invraisemblable , je lui fis, ou j'adressai à d'autres devant lui , mille questions sur la figure du Prince , comme si je ne l'avais jamais vu; je feignis de ne le connaître que par les yeux dû général , et de partager toute l'aversion que ce favori lui inspirait. Dans l'anxiété conliniielle que j'éprouvais, craignant à tout instant de retrouver notre ambassadeur instruit de ma maudite entrevue , je hè le quittais que pour revenir aussitôt me rassurer sur son ignorance.
Cela faillit au contraire lui tout découvrir. Il arriva qu'un jour , dans unede nos promenades à pied , nous rencontrâmes dans sa voiture cet objet de toutes mes craintes. La haine en était a ce point, entre le favori et le fi[é-