CHAPITRE VIL I
point trompée. Aussi se relevait-elle^ plus riche , plus heureuse , et plus gi'ande que jamais , de ses ruines ! Tout au contraire de ce qui semble être dans la nature des choses, où le mal s'accomplit si vite, et le bien si lentement j quelque prompt qu'eut été l'écroulement, la réédification complète était plus rapide encore. Cette extension à vie du Pouvoir Consulaire avait été provoquée par nos assemblées elles-mêmes. Leur vœu, égaré par des intrigues républicaines de Sieyès et de ses amis , et trompé par le silence obstiné et trop confiant de Napoléon , s'était d'abord limité à une prorogation de dix années. A cette nouvelle inattendue , dans son désappointement, Bonaparte, devenu plus docile aux avis du Second Consul, s'était retiré à Malmaison, d'où, sans accepter ni refuser, il en avait référé au vœu du peuple. C'était alors que le Conseil d'État, dirigé par Cambacérès , avait proposé à la nation de déclarer viager le pouvoir du Premier Consul. 11 y avait même joint la faculté de se nommer un héritier, ce que d'abord Napoléon n'accepta point ; mais aussitôt, Sénateurs , Tribuns , Législateurs , rectifiant leur première décision, s'étaient emparé de celle-ci, jaloux de n'y être point devancés par le vœu public !
Ce vœu , trois millions cinq cent soixante et huit miUe cent quatre-vingt-cinq votes le consacrèrent! L'exaltation de la reconnaissance nationale datait surtout du 27 mars de cette même année 1802, jour mémorable, où le canon d'Amiens, les embrassements publics des plénipotentiaires français et anglais , et les acclamations des deux peuples , avaient proclamé la paix définitive et universelle !
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Dans le courant de cette année, et partout ailleurs, comme on Ta \u , tout avait été réglé et pacifié avec un succès pareil. Napoléon, il est vrai, avait d'abord échoué dans son premier plan d'indemnités aux Princes autrichiens et allemands , dépossédés» en Italie et sur h rive gauche du Rhin devenue française. Il avait sagement voulu séparer entre elles, et de la France, la Prusse et r Autriche, en plaçant, en intermédiaires de ces trois grandes puissances, toutes les petites principautés allemandes à recomposer; mais, forcé de renoncer à ce projet qui exigeait trop de déplacements , il s'était dès lors contenté de traiter avec la Prusse , puis de gagner à ce traité la Russie alliée aux Maisons de Bade et de Wurtemberg. Il y avait réussi en flattant Tamour-propre d'Alexandre, qu'il s'était adjoint pour médiateur dans ces partages. L'Autriche, ainsi isolée , avait été forcée de réduire ses prétentions.
Cette œuvre , si compliquée et si délicate ^ fut conduite avec un mélange d'autorité , d'adresse et de condescendance si habile, que, successivement, tous, grands et petits , furent amenés à y donner leur adhésion. La Prusse , la Bavière, Bade , le Wurtembei^, l'Autriche elle-même, gagnèrent à ces partages. Le reste, équitablenient indemnisé , fut satisfait. Ce fut, à la vérité , aux dépens des Etats ecclésiastiques sacrifiés à cette paix de Lunéville, et d'un bon nombre de villes libres , mais déchues et trop endettées. Les |dus importantes de celles-ci furent conservées libres; Hambourg et Lubeck leur furent adjointes; de nouveaux privilèges leur furent concédés.
Quant à la constitution germanique , le nombre des