‹ Histoire et mémoires (volume 5)Chapitre 112 sur 311 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

d'ëpoque aussi éclatante ! Quel temps heureux et glorieux ! Cette année entière a laissé dans ma mémoire Tempreinte du spectacle du plus beau des jours de fête y de la plus brillante des utopies se réalisant , et d'une grande société rendue à tous les biens par le Génie de toutes les gloires!

Nous avons vu les faits principaux de 1801. Dès les premiers jours de 1802 l'autorité de Napoléon s'était accrue de Télimination , au choix du Sénat , du cinquième desTribuns et Législateurs les plus hostiles. Un nouveau cinquième, mieux disposé à entrer dans les vues du Premier G)nsul, les remplaça. Dès lors, et par un r^lement intérieur, ces deux Corps y partagés en sections correspondantes à celles du Conseil d'État , préparèrent, dansdes conférences contradictoires àhuis clos j une foule de lois utiles , que, par des délibérations prématurément publiques , il eût été impossible d'obtenir. Cette méthode se trouva conforme à la néces- , site du moment, celle d'une dictative tempérée , impraticable avec la licence ou la liberté de la presse et de la parole. Elle prévint les inconvénients des discussions irritantes, théâtrales et déclamatoires d'une tribune ou les orateurs sacrifient trop souvent, à leur amourpropre, le repos et le bien universels.

Le Premiçr Consul s'en servit aussitôt pour réédifier, le i*' mai, l'instruction publique par l'institution de trente- deux lycées, dotés de six mille quatre cents boivses ; par l'obligation imposée aux pensionnats d'en suivre les cours , et de se soumettre à l'inspection des officiers de ce commencement d'Université. Les études classiques y furent rétablies , celles des sciences, amé-

liorées; le régime y fut militaire. Des écoles de Ponts et Chaussées , de Droit , de Médecine et d'Arts et Métiers, furent créées.

Quant aux finances, les budgets des recettes et dépenses furent équilibrés.

Déjà, et dès le 26 janvier 1 80a, ce même pouvoir de Napoléon s'était encore augmenté de son élection, à la présidence de la République Italienne, par la Consulta Cisalpine extraordinairement rassemblée dans Lyon ; de la réunion de l'ile d'Elbe et du Piémont à la France , les 26 août'et 1 1 septembre ; de la création, le 19 mai, de la Légion d'Houncur, et bientôt après, de l'institution d'un Conseil Privé délibérant seul sur les traités ; enfin de la prorogation à vie du Consulat le 2 août, et le surlendemain, d'un sénatus-consulte, qui, modifiant au profit du Sénat, devenu pouvoir constituant, les autres pouvoirs, les mettait tous en réalité dans les mains du I^emier Consul. La hiérarchie judiciaire , remontant jusqu'à la Cour de Cassa- ^ tion , et même au Sénat , fut alors instituée, et le Tribunat réduit à cinquante membres.

Ce n'était sans doute pas la liberté qu'il pré|)arait ainsi ; mais alors, sans parler de son ambition persoiinelle, que le vœu public excitait et que tout semblait légitimer, il s'agissait surtout d'ordre, d'apaisement des partis et de leur concours forcé à notre régéné* ration sociale. Or tel était le résultat de nos excès révolutionnaires , qu'ils avaient amené une de ces époques où la prospérité d'un pays, son salut même et la liberté sont incompatibles. Quoi qu'il en soit plus tard advenu , la France d'alors ne s'y est donc

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