CHAPITRE VIII
Tel fut, en France, TefTet de cette catastrophe. £n Europe il ftit plus grave. En ce moment Frédéric, tenté par Toffre du Hanovre , semblait prêt à accepter Talliance ofTensive et défensive que lui proposait le PremierConsul. Pourtant sa faiblesse ambitieuse (^'osait avouer ouvertement cette complicité, intéressée, dans la cause du Chef, admiré et redouté, de la Révolution Française. Il prétendait la dissimuler aux autres Cours, à la sienne elle-même , tant il craignait d'en être traité comme un transfuge, traître à la cause aristocratique.
Néanmoins son contentement secret ne tenait plus qu'à deux conditions : l'ouverture des bouches de l'£lbe et du Weser au commerce de ses sujets, et h réduction, à dix mille hommes, de notre corps d'occupation dans le Hanovre.
La Russie nous disputait cette alliance. Elle prétendait au Protectorat de TÂllemagne et de l'Italie méridionale; elle se laissait entraîner vers l'Angleterre; elle était, en cela, trop bien représentée à Paris par MarkofT, ambassadeur hostile, d'un tempérament bilieux, et dont le caractère hautain et la figure de Kalraouk rappelaient le vieil homme moskovite.
De son côté Napoléon comprenait la nécessité d'une alliance continentale pour contenir TÂutridie et la Russie. C'est pourquoi , ^'efforçant de compromettre Frédéric dans sa cause, il lui offrait, avec le Hanovre, quelques millions en dédommagement de la clôture de ses fleuves. Mais sa politique et sa fierté ne se contentaient pas d'une alliance non avouée : 0 la jugeait ou infructueuse ou incertaine, tant qu'elle resterait mvstérieuse.
On en était là ; et, devant la toute-puissaiite et pure renommée de son génie, ce reste d'hésitation allait peut-être céder, quand, à la fatale nouvelle du meurtre de Yincennes, le soulèvement de tous les cceurs changea les dispositions de Frédéric! Dès lors il se retourna vers la Russie, qui prit le deuil, qui se rapprocha de l'Autriche , et réclama contre la violation du territoire Germanique. Frédéric s'allia défensivement à cette puissance. Toutefois ce fut encore timidement, en secret, et en se déclarant neutre au Pre-