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CHAPITRE III

Nous entrons dans l'une des plus célèbres années de la vie de Napoléon. L'ère de la République venait de finir : le nom seul en restait encore à la Fhuice. De même que dans Rome anticjue, ce nom demeurait

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li à celui d'Empereur. Ici la transformation fut [us prompte, nos souvenirs, nos habitudes, nos œurs étant monarchiques, et notre Chef réunissant 1 lui seul le génie de César à celui d'Auguste.

Sa couronne nouvelle était formée de tout ce qu'il y /ait de plus grand dans les renommées anciennes et lodemes. Toutes les célébrités de la guerre, toutes les licites de la paix intérieure , en formaient la légitiité ! C'était non-seulement le conquérant, le libéralur, mais encore le grand administrateur, le législaur immortel que la France couronnait. Ce n'est point dire qu'il y avait eu unanimité dans cet acquiescelent. A l'opposition muette des royalistes et des réiblicains sincères s'était ajouté, même chez un bon >mbre de ceux attachés à Napoléon, quelqu'étonneent d'une transformation aussi grande; quelqu'inliétude sur les entraînements de l'ambition, de plus 1 plus personnelle, qu'elle montrait, comme aussi ir la manière dont serait entourée et soutenue celte luronne de Charlemagne en présence des Cours aris-^ icratiques étrangères, et au milieu des révolutionlires et républicains de la veille, dont notre Cour resque toute plébéienne se composerait.

Quant au pouvoir impérial, tel que Napoléon avait ris soin de l'établir, il faut aussi convenir qu'il pesait sproportionnément dans la balance constitutionîUe. Toutefois la forme restait avec les principes et urs conséquences inévitables. Les plus importants isultats de la Révolution de 1789 étaient d'ailleurs >nservés.Leshommes,les choses, telles que propriétés, iltes, professions, demeuraient libres. L'égalité civile

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et politique était assurée ; le revenu de TElat était séparé de celui du Souverain ; les ministres en devaient compte à des assemblées législatives , auxquelles le recrutement et l'impôt étaient soumis annuellement.

Que, en dépit de ces garanties^ le pouvoir presque dictatorial de Napoléon dût continuer, cela était accidentel ; les nécessités d*alors le voulaient ainâ; le vœu des peuples s'y trouvait conforme. On sentait que la Révolution Française, avec son grand hooune et ses conquêtes intérieures et extérieures , n'était encore ni assez victorieuse et acceptée au dehors, ni assez comprise et consolidée au dedans, pour qu'un pouvoir moins concentré et une représentation nationale plus réelle et plus puissante y pussent exister d'accord, la gouverner, la défendre, et la maintenir calme et inspectée. Ce titre d'Empereur plut donc à Tinstinct de la France : il flatta son orgueil, et lui parut un avènement pour elle-même comme pour son Premier Consul.

La session de 1 8o5 s'ouvrit sous ces auspices. Quant au Tribu nat, son insignifiance, depuis sa réduction à cinquante membres, n'est plus digne d'occuper l'histoire. Le Corps Législatif montra plus de vie. Dans la session tout administrative de cette année, les lois proposées y rencontrèrent parfois un quart et même un tiers de votes contraires.

Cependant le contre-coup du grand changement qui venait d'éclater en France ne pouvait manquer de réagir sur les États environnants , toujours soumis jusque-là à nos transformations successives. On devait d'ailleurs s*attendre à ce qu'un Républicain couronné devint le plus grand ennemi des RéoubUquesl

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