‹ Histoire et mémoires (volume 5)Chapitre 181 sur 311 · CHAPITRE V. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. a

mingo, et de prendre ou de ravager Niévès , Montserrat, Saint-Christophe et La Dominique. En même temps Linois et son escadre désolaient le commerce anglais dans les mers de Tlnde. Plus tard enfin, le i** mai, Magon, partant de Tile d'Aix, avait échappé aux croisières ennemies pour rejoindre Villeneuve. Voilà comment Napoléon s'est emparé de l'attaque bien autrement importante sur mer que sur terre , et comment , dans cette immense étendue , il a jeté sa rivale dans le trouble, dans Taveugle incertitude et les égarements de la défensive.

A ce coup de guerre , Pitt confondu d'étonnement, dans son courroux, change l'Amirauté; Nelson, après trois semaines d'une vaine attente en vue de TÉgypte, repart avec dix vaisseaux déjà épuisés; il vide la Méditerranée; et, ralliant à lui six autres vaisseaux sous Cochrane, il vole au secours de l'Amérique. Aulre erreur, il tombe ainsi dans ce nouveau piège; et, quand par ce dévouement il croit satisfaire aux vœux de l'Angleterre trompée comme lui, il n'obéit qu'à ceux de notre Empereur !

C'est alors, seulement , que le véritable plan de Napoléon, renfermé dans plusieurs boîtes de plomb prèles à être jetées dans la mer en cas de malheur, a été transmis à Villeneuve ! Un seul changement y a été apporté : le temps contraire a enchaîné dans Brest l'amiral Gantheaume; il devra donc, pour en sortir, attendre le retour de Villeneuve, au lieu d'aller le rejoindre dans les Antilles. Du reste, et par ces instructions, comme on va le voir, les mois , les jours , les milliers de lieues, les chances des vents , les accidents

de mer, tout a été apprécié et si bien jugé, que Téfé^ nenient s'y trouve conforme.

L'Empereur vient d'attirer dans les deux Indes mM part importante des forces ennemies et leur meSleur amiral ; le blocus des ports espagnols en redent une autre part dispersée autour de la Péninsule. Celle qui observe le Texel , la Manche et nos ports de l'Océan y où tout est prêt pour la descente , est affiub&e. C'est alors que Villeneuve reçoit soudainement TordR de revenir « comme un trait !' d Tandis que NeboDi trompé une seconde fois aux Antilles^ oomme dans la Méditerranée 9 le cherchera , l'attendra * Tsinement dans le Nouveau Monde , l'amiral français, repanisaiit tout à coup dans nos mers, débloquera au Ferrol quinze vaisseaux y à Brest vingt et un ; et, tort de dnquante à soixante voiles j il balayera la Manche , protégera le passage de la flottille , et assurera le suocès de la descente ! Dès lors Londres , à quatre ou cinq marches de là , sera envahie par un court et gnmd effort ; les ports anglais seront pris à revers ; toutes les coalitions frappées au cœur^ et la Franœi désor> mais sans rivale, pourra dominer l'Europe!

Tel était le but de l'Empereur. Ce fut le aS mai 1 8o5 j la veille du second couronnement, Que, nnison des ordres précédents y la dépêche, remplis de ces conjectures y partit de Milan adressée à son ninistre.

En eflTet, d'abord tout a réussi! Villeneuve, tant qu'il s'est laissé guider par le génie de NapbUon, a été favorisé par la fortune. Magon l'a rejoint aveclei dernières instructions de l'Empereur. Pendant queNelson l'a inutilement cherché à la Barbade , à la lïinh^

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