‹ Histoire et mémoires (volume 5)Chapitre 190 sur 311 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Je ne puis abandonner ce grand souvenir sans ajouter que, un matin, pendant notre séjour au Pont de Briques , Napoléon m'avait fait appeler ; et que , après un entretien court mais plein de bonté, il m'avait ordonné d'aller inspecter, au Helder, la flotte et l'armée du général Marmont, prêtes à mettre à la voile. Ce n'était là que le but apparent de cette mission ; le but réel , il m'est interdit de le révéler, ce secret n'étant pas le mien; mais je n'en dois pas moins citer ce fait comme un hommage à la sensibilité qu'on refuse à ce grand homme. Quelle preuve plus positive en puis-je

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donnep que de le montrer, au milieu de la préoccupation d'une crise aussi importante et d'une ausû \ive anxiété , s'occupant encore, avec les précautions les plus touchantes, de secourir, dans un malheur privé, l'un des officiers attachés à sa personne : car tel était le véritable objet de mon voyage.

Ce but , malgré les soins qu'il avait pris , échappa malheureusement à mes efforts; mais alors je voulus du moins que cette mission ne fût pas, quant à Vintérét général du moment, entièrement inutile. A mon retour près de l'Empereur, je lui remis donc un rapport, d^^îUé sur la situation de son aile droite.

On y voyait que^refTectif actuel de ce corps d'armée se composait, au Helder, de vingt mille huit cent trente et un hommes et de deux mille cinq cent rinquantehuit chevaux, partagés en trois divisions; qu'il y était embarqué, avec ses vivres et son eau pour vingt-cinq jours , sur quatre-vingt-seize bâtiments , dont quatrevingt-cinq transports, sept vaisseaux, deux frégates, et deux corvettes; que les plus forts bâtiments de transport portaient six cents hommes et dnquante chevaux; les plus faibles, cent hommes, vingt chevaux, et le matériel.

Il y avait un hamac pour deux hommes, la mcntié des soldats restant sur le pont quand l'autre dormait. En attendant le départ, ils recevaient de terre, tous les quatre jours, des vi\Tes frai», mais de mauvaise eau qu'il fallait f^ire venir d'Amsterdam. L'appro^îsioiinement de mer, pour vingt-cinq jours, était respecté. Trois fois pourtant,, depuis dix-huit mois, il avait fallu

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