CHAPITRE I
Son sacrifice était fait, sa résolution prise! Aussitôt toute la Grande Armée , bordant TOcéan face à FAngleter^e, fit Tolte-face, se rompit en cent colonnes, et courut au Rhin : Marmont sur Mayence ; Davoust, Ney , Soulty surlManheim, Durlach et Spire; Lannes, Murat et Bessières sur Strasbourg, rendez-vous où, dans yingt-cpiatre jours, Napoléon devait les retrouver. C'était là que, cette armée ainsi retournée et intervertie, un nouveau corps allait l'augmenter, celui de Bernadotte, appelé du Hanovre à Wurtzbourg. Marmont reçut Tordre secret d'aller l'y joindre par Mayence ; mais, coDune ce mouvement en avant, d'une aile gauche de plus de quarante mille hommes, pouvait déceler le plan d'attaque , Bernadotte dut annoncer partout , en marchant , qu'au contraire c'était lui qui allait rejoindre Marmont dans Mayence , repasser le Rhin, et rentrer en France.
Ce retournement subit fut si entier et si rapide ; espoir, apprêta immenses contre l'Angleterre , tout fut si promptement abandonné, que, lorsque Napoléon était trahi par le sort , on les crut d'accord : tant il
parut vouloir ce qu'il ne pouvait empêcher ; sachant tirer d'un si grand désappointement le meilleur parti possible j et déconcertant la Fortune ennemie par sa bonne grâce à l'accueillir.
Cependant y revenu à Saint-Cloud le 3 septembre , il y resta jusqu'au 24* Ces trois semaines sont combles de travaux diplomatiques, d'instructions , multipliées dans mille suppositions, à ses amiraux, à ses généraux, depuis Otrante jusqu'à Flessingue, et de soins guerriers pour les remontes , pour les charrois , afin d'assurer, au delà du Rhin, ses approvisionnements de guerre et de bouche.
Quant à l'extérieur, en Italie , et pour commencer par la droite de nos armées , la présence des Russes à Corfou , et des Anglais à Malte , inquiétait Napoléon ; c'est pourquoi le Pape refusait d'armer sa neutralité : on saisit Ancônel
Naples , par les mêmes motifs , fut menacée d^étre occupée militairement, révolutionnairement même; mais elle se déclara neutre. On se contenta de cette déclaration du 2 1 septembre : elle rendait Saint-Cyr et quinze mille hommes libres de remonter de Tarente sur l'Adige, poiu* y renforcer Masséna, qui n'avait que quarante mille hommes contre cent mille Autrichiens de l'Archiduc Charles.
En Allemagne, il était convenu que l'Helvëtie re^ pectée resterait neutre.
La Bavière était aux avant-postes. Un mariage entre elle et Bade venait d'être décidé. Dès son retour de Milan, Napoléon l'avait fait rompre amiablement. « Si « vous refusez cette mission , dit-il à M. de lliiard,