CHAPITRE I
« OU â VOUS ëchouezy je ne vous en voudrai pas, « soyez-en certain ; mais j dans ce dernier cas , je vous «c préviens que je vous désavouerai 1 »
Thiard réussit. La difficulté ne consistait que dans la forme, le beau-père et le gendre ayant tout d'abord consenti à la rupture, mais s'étant renvoyés de l'un à l'autre l'initiative. Déjà même, à la place du Prince de Bade , Thiard avait proposé et presque fait accepter le Prince Eugène, Vice-Roi d'Italie, pour la Princesse Auguste de Bavière. Mais, les hostilités se précipitant, cette alliance pacifique, ajournée , fut changée en une alliance de guerre : il fut convenu, avec Otto notre ministre , que, au premier, signal de l'irruption autrichienne, l'Électeur et son armée de vingt-deux mille cinq cents hommes , abandonnant l'Electorat, se retireraient sur nous, par Donawerth. On verra qu'il tînt parole.
En même temps les Princes de la Confédération du Rhin furent entraînés dans notre querelle , le Wurtemberg excepté , dont l'opiniâtre Électeur prétendit sérieusement rester neutre encore.
Alors Diwoc, parti de Boulogne pour Berlin , n'obtenait de la Prusse, d'abord tentée par l'ofFre du Hanovre, que sa neutralité : neutralité menaçante, parce que , armée de cent cinquante mille hommes, en butte aux invocations incessantes de l'Autriche et d'Alexandre , elle allait se trouver placée , d'abord sur le flanc, et bientôt en arrière de la marche de Napoléon, et maltresse de décider du sort de la guerre !
On opposa à ce danger des corps de réserve , ceux des maréchaux Augereau, Lefebvre et Kellermann.
SS2 LIVRE DIX-HUlTlfiMK.
Deux autres corps d'observation , en Bretagne et dans la Vendée , celui du raarëchal Brune à Calais , et la réorganisation des gardes nationales en cohortes, sous des officiers et sous-officiers nommés par le Gouvernementy répondirent de la sûreté et de la tranquillité de la France. Enfin deux levées de conscrits , l'une de soixante mille, comme on l'a vu, l'autre de quatrevingt mille anticipés sur 1806, et un appel i tous les anciens sous-officiers et soldats qui accoururent, complétèrent ces précautions, et préparèrent le recrutement de l'armée active.
Ce fut alors que, pour accélérer la marche des ocMrps de son armée , l'Empereur imagina de les &ire transporter en poste. « Partez, dit-il au maire de UUe, qu'il « avait fait appeler ; recevez, fêtez mes diviskms k leur ce passage, et organisez des chariots pour doubler leurs c( marches. Comptez sur vingt-cinq miDe hommes; (c qu'ils passent en poste : vous donnerex ainsi le moa- « vement, et un premier, un grand et utile exemple! » Puis, sur la répugnance que lui montrait ce mag^lrat à accueillir favorablement le général Y.... dont il rappelait le jacobinisme : <k Qu'osez-vous direlàPs'écria- (c t-il , ne voyez- vous pas que tous également nous (t servons îcj la France? Sachez, Monsieur, qu'entre le '( 17 et le 18 Brumaire j'ai élevé un mur d'airain « que nul regard ne doit percer, et contre lequel doi- « vent se briser tous les souvenirs! »
En effet, déjà, bon gré mal gré, sa volonté enœit s'était accomplie : dans toutes les carrières on voyait , sous lui marcher ensemble , sans désaccord , avec les persécuteurs, leurs victimes! Pour l'armée, si l'on