CHAPITRE III
mit Napolëon dans la position critique d'être forcé de vaincre ou de përir, et qu'elle prépara les esprits pour Tannée suivante à la quatrième coalition y celle de Frédéric-Guillaume et d'Alexandre.
Nous séjournâmes le 4 à liudwisbourg. Ce séjour, d'où l'Empereur menaçait encore l'ennemi de front, dans Ulm et sur Tlller, pouvait retenir Mack sur cotte ligne. Ce fut de là, et dans la nuit du 4 au 5 octobre, que partirent la plupart des ordres d'une attaque toute différente, et du triple passage du Danube.
Ici la scène avait varié : Napoléon sentait que Mack ne pouvait plus l'attendre de front dans les Montagnes- Noires; Murât avait donc été rappelé de leurs débouchés sur le Rhin; en même temps Ney fut, à son tour, poussé de Stuttgard sur Ulm, autour de laquelle il prit position, sa gauche au Danube. Il couvrait ainsi et cachait la marche rapide des autres corps sur Donawerth, Neubdiirg et Ingolstadt; trompant une^- ^ / conde fois, et retenant sur l'IUer, l'infortuné général ennemi, dont la faible vue ne put percer ce rideau , et qui attendit Napoléon, dans Ulm, de pied ferme, tandis que, de Ludwisbourg, l'Empereur le dépassant marchait, dès le 5 octobre, par Gmund et Nordlingen surDonawerth.
Les soupçons de Mack, s'il en eut, furent bien vagues; car, tel que les esprits faibles, ne prenant qu'un demi-parti, il se contenta de faire observer au-dessous de lui, le Danube et le pont de cette ville, par Kienmayer et dix mille hommes.
Tout à coup il apprend que, le 6 octobre, cette division est culbutée; puis successivement : que, le 7, le
Danube est à la fois franchi , non-seulement à Donawertb, mais à Neubourg! mais à Ingolstadt ! que derrière lui la Souabe, la Bavière même sont envabies, et le Lecb saisi! que, le lendemain 8 oclofare, douze bataillons de grenadiers, qu'il venait d'appeler du Tyrol à son secours , rencontrés par Murât à Vertingen, sont pris, ou tués, ou dispersés; etqu'Augsbourg doit être tombée en notre pouvoir ! Le 9 un autre coup Taccable, celui porté contre les trois j^nts situés entre Ulm et Donawertb ; bien plus, Ney >ieDt de forcer le Danube, derrière lui, par un quatrième passage ! Le bandeau subitement ainsi déchiré, Mack tombe foudroyé de ses échasses. Il reconnatt que, sans appréciation des lieux, sans prévoyance du côté par lequel nos forces étaient accourues , et de qe qu'il avait le plus à craindre , notre nombre et le caractère de son adversaire , il vient de laisser deux cent mille hommes passer incognito préside lui; et qu'il ne s'en est aperçu que lorsqu'il en est environné, lorsqu'ils sont maitres de sa retraite , lorsqu'ib se sont interposés entre lui et l'armée russe qu!il attendait; lorsqu'enfin ils le séparent de l'Autriche qu'il devait défendre, et qu'ils Font acculé dans Ulm et contre ces Montagnes-Noires et ce Rhin , où son fol orgueil avait bravé Napoléon et osé menacer la France! On a supposé qu'alors ce général, prenant un parti désespéré, fit face en arrière contre nous, d'Ulm à Méningen ; mais les faits, qui seuls ont parlé de son côté, et nos impressions du moment disent plutôt qu'il n'en prit aucun; que, stupéfait, le malheureux feld-maréchai demeura, d'abord, du 6 au 1 1 octobre, cinq jonic