CHAPITRE Vil
« quer, et Sa Majesté vous les accorde. — Non, mon- <c sieur, repartit le Maréchal, je demande huit jours, cr Je ne puis entendre aucune autre proposition. Il « me faut huit jours ; ils sont indispensables à ma resa ponsabilité ! — Ainsi, repris-je, toute la difficulté a consiste dans cette différence de cinq à huit jours. « J'avoue que je ne conçois pas Timportance que Votre « Excellence y attache , quand Sa Majesté est devant if vous à la tête de plus de cent mille hommes, et quand a les corps des maréchaux Davout, Bernadotte et « larmée bavaroise suffisent pour retarder, de ces trois a jours, la marche des Russes, même en les supposant « où ils sont bien loin d'être encore ! — Ils sont à Da- <c chau ! répéta le Maréchal. — Eh bien , soit ! monsieur <c le Baron, me suis-je écrié, et même à Augsbourg!. <f Nous en sommes, alors, d'autant plus pressés do <c terminer avec vous ! Ne nous forcez donc pas d'em- <c porter Ulm d'assaut, car alors, au lieit de cinq jours tf d'attente, l'Empereur y serait dans quelques heures ! a — Ah ! Monsieur, m'a répliqué le général en chef, CI ne pensez pas que quinze mille hommes se laissent « forcer si facilement. Il vous en coûterait cher ! — « Quelques centaines d'hommes, lui répondis-je; et à a vous, votre armée et la destruction d' Ulm que TAlle- « magne vous reprocherait; enfin tous les malheurs « d'un assaut que Sa Majesté veut prévenir par la pro- « position qu'elle m'a chargé de vous apporter. — Di- « tes, s'écria le Maréchal, qu'il vous en coûterait dix a mille hommes!. la force d'Ulm est assez connue! — a Elle consiste, ai-je repris, dans les hauteurs qui l'en- « vironnent, et nous les occupons 1 — Allonsdonc, mon-
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a sieur, iii'a-t-il répondu, il est impossible que vous ne ff connaissiez pas la force d'Ulm ! — Sans doute, atje <c répliqué , et d'autant mieux que nous voyons de- (£ dans ! — Eh bien ! Monsieur, m'a dit alors ce malheii- (c reux général, vous y voyez des bonunes prêts à se décc fendre jusqu'à la dernière extrémité, si votre Empea reur ne leur accorde pas buit jours! Je tiendrai a longtemps ici. Il y a dans (Jim trois mille dievaux, a et plutôt que de nous rendre nous les mangerons a avec autant de plaisir que vous le feriez à noire « place. — Vos chevaux! ai-je répondu; ah! mona sieur le Maréchal , la disette que vous devez éprouve ver est donc déjà bien grande, puisque vous songex c( à une aussi triste ressource ! »
Le maréchal se hâta de m'affirmer qu'il avait pour dix jours de vivres, mais je n'en ai rien cru. Le jour commençait à poindre; nous n'avancions pas; je pouvais acco]iFder six jours, mais le baron en voulait si obstinément huit , que j'ai jugé cette concession d'un jour inutile : je ne l'ai point risquée. Je me suis donc levé en imaginant de lui dire que mes instnictions m'ordonnaient d'être revenu avant le jour, et en cas de refus, de transmettre, en passant, au marédial Ney , l'ordre de commencer l'attaque. Ici le général Mack s'est plaint de la violence du maréchal enven Tun de ses parlementaires qu'il n'avait point voulu écouter. J'en ai profité pour ajouter que, en effet, le caractère de ce maréchal était bouillant , impétueux 9 impossible à contenir ; qu'il commandait le corps le plus nombreux, le plus rapproché; qu'il attendait impatiemment l'ordre de donner l'assaut, et que c^était