CHAPITRE VIL
On sait à présent (nuit du 17 au 1 8 octobre), par un rapport du Prince Murât et la prise de trois à quatre mille hommes, que le corps de vingt mille hommes, combattu vers Albeck par Dupont, le i4 octobre , a été ce jôur-là, et bien plus encore le i5, séparé d'Ulm et rejeté vers Heidenheim ; queTÂrchiduc Ferdinand, qu'on croit sorti de sa personne avant-hier seulement 16, vers une heure après minuit, la nuit même où j'y ai été envoyé , a rejoint ce corps détaché que vient d'entamer le Prince Murât, et qu'il fuit avec le reste par Nordlingen.
Aujourd'hui 18 octobre, tranquille sur Ulm dont la capitulation est signée d'hier au soir, et dont la porte dite de Stuttgard vient de nous être livrée , toute l'attention de l'Empereur s'est retournée, avec l'activité la plus vive, du côté de l'Archiduc. Il a envoyé ordres sur ordres aux dragons à pied, au'maréchal Lannes, à Oudinot, à Nansouty, à la cavalerie même de sa Garde ! Les uns doivent préserver nos parcs de réserve sans défense sur le passage de la fuite de l'Archiduc ; les autres, par diverses directions, sont lancés à l'appui de Murât pour atteindre le Prince autrichien, et se saisir à tout prix de sa personne ; d'autres encore doivent nettoyer notre ligne d'opérations, d'où l'Empereur attend les vivres qui nous manquent, et que le débordement du Danube nous empêche de tirer de la rive droite. Dans l'anxiété de son attente, il se prend à tout. Il vient donc de me charger de questionner, comme il suit, les courriers qui arrivent de Stuttgard par Nordlingen , et de lui écrire leurs réponses. <c Qu'ont- « ils appris ? Qu'ont-ils vu ? Quels ennemis ont-ils eu à
« éviter ? En quel nombre ? Quels généraux ? Gombieo « de canons ? Dans quelle direction oaarchaient leuis « colonnes? »
Ce matin 19 octobre , l'Empereur , à la nouvelle envoyée par le Prince Mural ^ de la prise entière, avec leurs canons et tous leurs bagages, des vi^gt miUe hommes séparés d'Ulm , a fait inviter Mack à venir le voir à Elchingen. Ce malheureux général y est irrivé vers une heure. Là , toutes ses dernières illusions se sont évanouies!
Sa Majesté, pour le persuader de ne plus le retenir inutilement devant Ulm, lui a fait envisager sa position dans toute son horreur, et celle de FAutridie. Il lui a appris nos succès sur tous les points ; que le corps de V.erneck, toute son artillerie et dix genânaux avaient capitulé ; que sans doute TArchidoc lui-même était atteint, et qu'on n'entendait pas parler des Russes! Tant de coups ont anéanti l'infortuné général en chef; les forces lui ont manqué , nous l'avons vu piliri et prêt à tomber sans connaissance : il lui a fallu, pour se soutenir, s'appuyer contre la muraille. Alors , s'allaissant SQus le poids de tant de malheurs, il est oonvena de sa détresse: qu'il n'avait plus de vivres dansUlm; que, au lieu de quinze mille hommes, il s*y trouvait vingt-quatre mille combattants et trois mille Messes; qu'au reste la confusion était telle, que, à chaque instant, on en découvrait davantage; qu'il voyait biea qu'il ne lui restait plus d espoir, et qu'il oonsenlâit t rendre Ulm et son armée, dès le lendemain 20 odohret à trois heures du soir !
Il a toutefois exigé une déclaration, signée du