CHAPITRE III
du centre y arrivée en face de cette position , devait se déployer devant elle; Lannes et Murât contre la droite; Soult et Napoléon contre le centre, se. liant par Bemadotte à notre aile droite. Celle-ci , pendant que le combat serait engagé de front , devait , sous Davout et Marmont, redescendre précipitamment de la montagne sur la gauche des alliés, les surprendre en flanc, les refouler Fun sur l'autre de gauche à droite, et les jeter péle-méle dans le
Danube.
Cependant Murât ne s'était point arrêté; il n'avait rencontré d'obstacles sérieux que le 5 novembre à Àmstetten. Il y avait eu là une échauflburée : notre cavalerie, inconsidérément lancée dans un bois, en avait été repoussée avec perte de trois cents tués ou prisonniers. A cette nouveauté Murât , ne reconnaissant plus les Autrichiens , s'aperçut qu'il avait affaire à d'autres hommes. Oudinot et ses grenadiers accoururent; et dès lors commença la lutte acharnée de l'honneur russe contre l'honneur français, ou plutôt, quant aux soldats, le choc de la valeur intelligente et civilisée contre un courage alors encore brut et barbare.
Dans cette première rencontre deux mille Russes restèrent tués ou pris ; aucun ne se rendit : blessés, désarmés, renversés à terre, ils se défendaient, ils nous attaquaient même encore. Le combat fini , il fallut, pour en enupener quelques centaines , les piquer de nos baïonnettes , comme un troupeau mal apprivoisé , et les assommer de coups de crosse !
L'acharnement de cette résistance confirma Napo-
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léon dans son espoir d^une bataille à Sainl-Pcdten. Ce fut sur cette nouvelle , et quand il eut appris roocu» pation de Mœlkt, qu'il partit delintz, leg novembre, pour cette énorme abbaye : magnifique résidence, comparable aux palais les plus somptueux ^ dont ks caves, sans s'épuiser, abreuvèrent de vin toutes nos colonnes , et où le quarliet* impérial remplaça celui de l'Empereur autrichien qu'on disait s'être leâré à Vienne.
£n arrivant à Mœlkt, plusieurs incidents imprévus vinrent coup sur coup renverser les prévisions de notre Chef , agiter son esprit, suspendre sa marche, puis la hâter et lui inspirer une détermination nouvelle. U apprend d'abord qu'à sa droite Davout, dont laideur tenace et infatigable avait sunnonté mût et jour les difficultés du terrain et de la saison^étût arrivé à Saint-Gaming ; que là, son çsprit soupçonneux , surveillant tout, a été frappé de l'agitation d*un médecin devenu son hôte ; qu'il l'a poussé de questions , l'a fait épier, et que, informé de son évasion suinte, il en a conjecturé la proximité d'un corps ennemi que cGt homme aurait été avertir de notre présence; qu'aussitôt, et en dépit de la fatigue d'une journée de quinze heures, reprenant les armes, le maréchal. a précipité sa marche au travers des neiges et de b nuit , sur Lilienfeldt , pour couper à cet ennemi la double route de Vienne et de Saint-Pœlten.
En effet Merfeldt et dix mille Autrichiens , dcr* nier espoir de Vienne, venaient de s'échapper, devant Marmont, de la route de Leoben : ils s'écoulaient dans la montagne entre lui et Davout , s'efforçant de