‹ Histoire et mémoires (volume 5)Chapitre 251 sur 311 · CHAPITRE VU. 4ea · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU. 4ea

. nous vimesy sur le sommet de ce tertre que nos soldats appelaient Butte de F Empereur, accourir, des divers points de notre ligne, suivis chacun d'un aide de camp, tous les chefs de nos corps d'armëe.

Napoléon avait voulu qu'ils vinssent ainsi, tous à la fois, recevoir ses derniers ordres. Ce furent : le maréchal Prince Murai , le maréchal Lannes , le maréchal Bernadotte, le maréchal Soult, et le maréchal Davout. Dans cet instant solennel ces maréchaux formèrent, autour de l'Empereur, le plus formidable ensemble que l'imagination puisse concevoir ! Spectacle merveilleux! Dans ce cercle redoutable, que de gloires réunies! Que de chefs de guerre, justement et diversement célèbres, entourant le plus grand homme de guerre des temps antiques et modernes ! Il me semble les voir encore recevoir successivement son inspiration, et aussitôt, comme s'ils eussent emporté la foudre, s'élancer de toutes parts pour en aller briser les forces réunies de deux Empires! Ma vie aurait la durée de celle du monde, que jamais l'impression d'un tel spectacle ne s'effacerait de ma mémoire. Ainsi commença l'une des plus célèbres journées de notre histoire!... Que les temps ont rapidement changé ! Mon Dieu ! que, alors, tout était grand, les hommes forts, les temps glorieux, et que nos destinées semblaient imposantes !

Les premières paroles de l'Empereur à ses maréchaux leur avaient expliqué son plan de bataille. Certain, par les rapports de la nuit, que, dans la seule pensée de ne point le laisser s'échapper, l'ennemi achevait à notre portée son mouvement de flanc, et qu'il se jetait en masse sur notre droite , il s'était écrié

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de nouveau : ce Oui, c'est un mouvement honteuxl Ik c me croient donc bien jeune; ils s*en repentia ront ! » Et aussitôt il avait renouvelé à diaoaii sa ordres.

Davout, dont la tête de colonne harassée coinmençair seulement à paraître , avait l'instruction d'aF réter en tête, à notre extrême droite et au fiMid do défilé bordé par les lacs, l'ennemi qui, depuis h veiDe, s*y engageait follement de plus en plus.

Soult j pour sa division de droite , reçut le même ordre ; et, pour ses deux autres divisions à^pkjéts en colonnes d'attaque par delà le ruisseani mx débouchés des deux villages de notre centre, rinrtnie* tion d'être prêt à s'élancer sur le plateau œntrd de la bataille.

Bernadotte, arrivant obliquement de noire giudie, dut assaillir à la fois, de ce côté , ce même pistera.

Cet effort simultané , de quatre divisions , sur le centre des Austro-Russes dégarni par leur mouvanent en avant et à leur gauche, l'Empereur fan-fliéoie, avec sa double réserve des grenadiers réunis et de sa Garde, le soutiendra !

En même temps , à notre aile gauche, Mural et m cavalerie chargeront par les intervalles deVinfiusterie de Lannes; puis, en se retirant derrière dk, ib sltireront , et feront expirer sous les feux de nos bstait Ions, les élans de la cavalerie ennemie , qui de œ côlé semble puissante.

L'Empereur termina par ces mots : « D fiiut quey a dans une demi-heure, la ligne entière soit toutes a feu ! »

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