‹ Histoire et mémoires (volume 5)Chapitre 252 sur 311 · CHAPITRE Vir. 46S · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vir. 46S

Ainsi, pendant que, à notre gauche et surtout à notre droite reculée au fond d'un vallon j où Tennemi s avance et s'enfonce , on résistera , une formidable attaque sur le plateau élevé du centre, où l'armée alliée, en se prolongeant vers sa gauche, nous présente un front affaibli, l'envahira. Les deux ailes ennemies se trouveront soudainement séparées par ce coup de guerre. Dès lors l'une, attaquée en face et débordée par notre victoire sur le centre , devra céder; tandis que l'autre, trop avancée, tournée , dominée par cette même victoire centrale, et cernée contre les lacs, dans ce coupe-gorge où elle s'est aventurée , y sera écrasée ou prise. Voilà la bataille , telle qu'elle fut conçue et exécutée !

L'Empereur, apr& avoir donné ses instructions à ses maréchaux, dit à chacun d'eux : a Allez! » Et chacun successivement, la tête haute, le regard animé , et en lui faisant le salut militaire , partit aussitôt. Quand il en fut à Bernadotte ,' l'accent de sa voix devint remarquablement plus sec et plus impérieux; et comme, peu d'instants après, les deux divisions de ce maréchal se portaient au point d'attaque, lui-même les harangua. La proclamation de la veille avait été lue à la flamme des bivouacs , il ajouta : « Que, dans ce jour, il fallait confondre l'or- « gueil russe , et terminer la guerre par un coup de « foudre! »

En ce moment de sombres vapeurs que le soleil soulevait , et qui en interceptaient les premiers rayons, semblèrent aux Russes favoriser leur mouvement de flanc, en avant à gauche; mais, tout au

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contraire , elles voilaient notre attaque, prèle à surprendre en flagrant délit cette imprudente et folk manœuvre.

Déjà y sur notre ligne oblique , à notre droite ea arrière et refusée , leur attaque avait commencé, de Telnitz à Sokolnitz, vers les bas-fonds des lacs, où tous, h Tenvi l'un de l'autre , descendaient et s'accumulaient, nous assaillant du fort au faible. Il n'âait pas huit heures ; le silence et l'obscurité r^paaient encore sur le reste de la ligne , quand soudainement, et d'abord sur les hauteurs , le soleil, dissipant ce Imoaillard épais, nous montra le plateau de PMtaai, qui se dégarnissait de plus en plus par la marclie de flanc des colonnes ennemies. Quant à nous, restéi dans le ravin qui marque le pied de 'ce plateau, la fiioiée des bivouacs et les vapeurs , plus lourdes nr ce pcmit résistant encore, dérobaient aux yeux des Russes notre centre ployé en colonnes et prêt à les attaquer.

A cet aspect , le maréchal Soult , que TEmpeRur avait gardé le dernier près de lui , voulut courir i ses divisions et leur donner le signal ; mais Napoléon plus calme, laissant l'ennemi achever sa faute, k retint encore ; il lui montra Pratzen : « Combien vous butce il de temps , lui dit-il , pour couronner ce som- <c met? — Dix minutes, répondit le maréchal. — « Partez donc , reprit l'Empereur ; mab vous attende drez encore un quart d'heure, et alors il sen ce temps! »

Le moment venu , les divisions Vandamme et Saint* Hilaire , s'élançant hors du brouillard qui les envdoppait , apparurent soudainement. Il était huit heures.

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