‹ Histoire et mémoires (volume 5)Chapitre 266 sur 311 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

reillement. Dans cette même annëe 1806^ le Protectorat de la Suisse et la Confédération du Rhin se seront consolidés; Neufchà tel y Berg, l'Italie méridionale, la Hollande et , quelques mois plus tard, la Westphalie, seront changés en Principautés et en Trônes de famille ; le système continental sera proclamé au milieu de la Prusse conquise, de la Pologne délivrée jusqu'au delà de la Vistule; et, bientôt après, la Russie domptée par la victoire se réunira à ce système !

Pour cette création du Grand-Duché de Berg pour Murât, et surtout pour les Trônes de Naples, de Hollande et de Westphalie, donnés à ses frères Joseph, Louis et Jérôme, ce n'est point à moi de dire si, dès lors et en cela, l'Empereur, quelque grand qu'il fût, ne dépassa pas la mesure. Mais, en le voyant ainsi tailler avec son épée tant de Royaumes et y improviser ces Monarques sans précédents, les plus réfléchis d'entre nous s'étonnèrent. Us crurent que, dans ces Rois inaccoutumés, et si imprévus à leurs royaumes , origine et langage, habitude et mœurs, tout serait obstacle à leur naturalisation au milieu de leurs sujets, et bien plus encore dans la famille des Princes anciens, si fiers de leur royale descendance. Rois issus du temps dont ils avaient tant d'intérêt à défendre la consécration. Ainsi parlaient déjà, mais à voix basse, quelques-uns de nous; et pourtant ceux-là même, entraînés comme nous dans ce tourbillon de gloire, s'y abandonnèrent.

D'autre part, dès son retour à Munich après Austerlitz, dans sa correspondance, comme ensuite à l'ouverture de la session de 1806, Napoléon s'était en quelque sorte déclaré Empereur de Rome. Il gardait

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Â.ncône; il avait exigé du Pape que les sujets de nos ennemis fussent expulsés des Etats Romains. Biais le Saint- Père se refusait à cette contrainte; il blâmait les bis organiques du Concordat ; il repoussait leur ext^nsiott au Royaume d'Italie ; il se plaignait du Code Qvil, en ce qu'il autorisait le divorce ; il réclamait Ancônei et son droit d'investilure de la Couronne de Naples. De son côté TËmpereur; après des récriminations plus ou moins fondées ^ ne répondait à ces plaintes que par l'occupation militaire des ports romains et par l'érection des Duchés de Bénévent et de PonCe-Cbrro en faveur de Talleyrand et de Bernadotte. Dès lors s aigrirent de plus en plus des relations y en quelques points peut-être, trop difficultueuses d*wie part, mais certainement de l'autre trop exigeantes, trop ambitieuses et impérieuses, surtout quand les souvenirs du Sacre eussent dû disposer Napoléon à moins abuser de sa puissance.

Mais, après avoir tracé ce sommaire da goaTemement administratif et politique del'Emperewen i8o6| avant de me laisser entraîner plus loin sur ce sujet , l'ordre de mes souvenirs me rappelle à reipëdîtion de Naples, à laquelle Napoléon, en quittant la Bavière, m'avait attaché.

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