CHAPITRE I
règlements salutaires sur la police ^ sur les pensions, sur les rentes viagères, sur les jeux, sur les octrois, sur l'administration municipale, sur celle des corps militaires, sur les fabriques des églises, les inhumations et la discipline ecclésiastique. La religion protestante fut également protégée ; la pensée de la réhabilitation des Juifs et de la réforme de leurs mœurs, pensée qu'il rapporta d'Ulm, où ces usuriers étaient accourus pour recueillir les fruits du pillage, date aussi de cette époque, ainsi que ses premiers efforts pour atteindre un but si désirable.
Au milieu de ces innombrables améliorations ou créations, œuvres de quelques mois, et dont quelquesunes seulement suffiraient à la gloire de tout un règne, on ne sera point surpris qu'il se soit mêlé quelques erreurs, quelques abus de pouvoir, quelques mesures empreintes de fiscalité; mais, dans cet immense ensemble, ces taches restent presque inaperçues, et le gouvernement actuel de la France n'existe encore que de la vie qu'il reçut alors de cette organisation puissante.
Alors aussi apparurent l'État civil de la famille de l'Empereur, placée hors du droit commun ; l'étiquette de la Cour, le règlement administratif de la Maison Impériale, modèle d'ordre, de splendeur et d'économie. La réunion des États Vénitiens au Royaume d'Italie ayant été proclamée, le partage d'une partie de ces provinces en grands fiefs de l'Empire et d'autres fiefs et Principautés, en Allemagne et en Italie, furent institués. Ainsi se préparait le renouvellement d'une Noblesse, mais au dehors du territoire français. Elle ne devait avoir d'effet au dedans que par des titres et
494 LIVRE YINGTIËME.
des majorais, mais sans que Tégalité civile et politique en fut autrement atteinte.
Quant à l'Angleterre, notre flottille, quoiqu entière encore, ne la menaçait plus depuis le désastre de Tnfalgar. Mais le génie de TEmpereur, partout incapable d'inaction, avait déjà changé d'offensive. Sa flotte vaincue en masse, il osa en risquer les restes , essayant de leur faire ressaisir en délail quelque fortune. Il transforma presque en corsaires jusqu'à ses vaisseaux de ligne. Il n'hésita pas à les disperser en escadres sur toutes les mers. Les unes allèrent secourir Le Cap, Santo-Domingo et Pondichéry ; d'autres, croiser dans nos mers, dans celle des Indes et jusques à Sainte- Hélène, contre le commerce anglais. La première sous Lallemand réussit : elle fit de nombreuses prises. La seconde arriva trop tard au Cap et dansVlnde; la troisième, après avoir ravitaillé Santo-DonÙDgo, périt, ou tomba presque entière au pouvoir de l'ennemi. Lîi quatrième fut moins malheureuse; mais, après quelques succès , dispersée par la tempête, on remarqua que celui de ses vaisseaux qui seul échappa en venant s'échouer sur les côtes de la Fmnoe , était commandé par Jérôme Bonaparte. De son côté Linois, qui, depuis trois ans, et quoiqu'il eût manqué la flotte chinoise , avait arraché quarante millions aux marchands de Londres, fut enfin surpris : il tomba au nùlieu d'une flotte anglaise, et y perdit son vaisseau et si liberté !
J'anticipe ici quelque peu sur l'avenir ; mais, tandis que sur mer l'Angleterre achèvera ainsi de triompher, sur terre l'empire de Napoléon se sera ëtendu pa«