‹ Histoire et mémoires (volume 5)Chapitre 268 sur 311 · CHAPITRE 11. 4M · texte numérisé non relu

CHAPITRE 11. 4M

C'ëtait lorsque, en Egypte , le hëros de l'Italie , fiotre César, plus grand que le César romain , disait à •une armée aussi célèbre que celle des héros antiques : ce Songez que, du haut de ces Pyramides, quarante siè- <c clés vous contemplent 1 » Qui donc, plus que notre France et son armée, avait le droit, en contemplant ces souvenirs d'une ^xÂre antique , d'y compara sa gloire présente? N'étions-nous pas conquérants du monde mo- •derne , conome les Romains l'avaient été de Tancien monde? Dans les lettres , dans les arts, dans la guerre et les conquêtes, il me semblait que nous pouvions traiter, au moins, d'égal à égall Je n'en dirais pas tant aujourd'hui quant aux conquêtes, mats alors telle fut l'orgueilleuse et bien pardonnable exaltation que j eprouvai pendant oion séjour à Rome.

Cependant notre armée s'était avancée ; elle était prête , elle menaçait d'une triple tête le Royaume de Naples. On a UÂmé l'amertume injurieuse du bulletin du 26 décembre i8o5. La proclamation du 27, k cette armée, avait dit plus et convenait mieux. Nous formions quarante-cinq mille hommes, sous Masséna. La Reine Caroline voulut se défendre. Elle comptait sur une armée napolitaine de trente mille hommes , sur ses milices , et sur vingt mille Anglo- Russes; mais ceux-ci l'abandonnèrent : les Russes, complètement pour aller occuper Corfou et la Dalmatie, que pourtant l'Autriche nous avait cédées ; et les Anglais, pour aller protéger la Sicile , se réservant des retours hostiles et d'aider à la défense de Gaéte , ^eul point du Royaume où la conquête nous fût selîeusenient disputée.

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Livrée ainsi à elle-même, la Reine en appela au peuple : elle arma y elle enrégimenta jusqu'aux lazzaioni; elle ouvrit les prisons, elle essaya une insurrection gé* nérale! Tout lui manqua. Partout les peuples chassèrent ses agents insurrecteurs ; Naples s'arma contre les lazzaroni , misérables qui s*étaient unis aux for* çats et qui ne méditaient que le pillage. Haie et désespérée celte Reine, femme d'un grand caractère , mais qui en avait les inconvénients, emporta sa colère impuissante en Sicile, laissant à ses fils, à son année^ et à des brigands déchaînés, la défense de aonRojaume.

Pour nous, voyageurs encore à Rome par où notre armée s'était écoulée , nous en partîmes, deux jours après l'arrivée du Prince Joseph, pour nous retrouver à Albe, le 6 février, sur le pied de guerre. Lïnvasîon, dès le lendemain, commença sur trois colonnes : celle de droite sous Régnier, par Terracine et Gaète ; celle du centre sous Masséna et le Prince, par San-Germano; la colonne de gauche sousLecchi, par Itrj, rAhhnuze et la Pouille. Capoue devait être le point de réunion des deux premières colonnes.

Ce ne fut qu'une marche militaire, ^otre droite ne rencontra la guerre qu'à Gaête. H fallut masquer cette place maritime par un blocus, après en avoir enlevé les approches au prix de quelques hommes et de la léte d*un général qu'un bbulet d'une chaloupe canonnière emporta. Au centre, nous arrivâmes le lafévrier devant Capoue, sans coup férir. Là, le Vultume et quelques coups de canon nous arrêtèrent vingt* quatre heures, après quoi une députation de Naples vint tout rendre.

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