CHAPITRE II. SOI
v abandonnait; que pour notre armée, c'était à lui « seul à la solder, à la récompenser, et à la faire vivre « de sa victoire ; toutefois en y proscrivant le pillage « et les voleries, qu'il détestait. » Ce qu'il prouva en paraissant abandonner d'abord à son frère, s'il pouvait en faire rendre gorge, six millions qu'il accusait deux personnages de l'armée d'avoir extorqués à Venise tout récemment; mais Joseph s'y refusa.
C'est un éloge dû à ce Prince, que sa douceur, indocile à ces instructions sévères , parvint à fonder son administration et à surmonter ces premières difficultés sans fouler ses peuples. Quant aux voleries , il réussit moins; on en verra les suites cruelles. Il était probe ; il aimait à être aimé ; il savait que c'était surtout par les exactions des conquérants que se perdent les conquêtes Hl prit donc, pour les prévenir, toutes les précautions possibles. Je le sais d'autant mieux que je fus chargé de quelques-unes. Il savait choisir les hommes ; mais il n'avait ni assez de liberté dans le choix de tous ceux qui devaient le seconder, ni le caractère assez ferme pour s'en faire craindre. Aussi, les intègres exceptés , et quoique ce fût le plus grand nombre, plusieurs autres bientôt lui prouvèrent que les ordres, quelque sévères qu'ils soient, sont lettres mortes ; que ce sont les hommes chargés de leur exécution qui leur donnent vie, et que, en fait de probité surtout, les instructions sont inutiles, n'étant suivies que par ceux qui , n'en ayant pas besoin , sont tentés de les prendre pour injures.
Cependant restaient douze mille hommes sous Rosenheim et dix-huit mille sous Damas , retranchés en deux
corps dans la Basilicate^ en avant de la Calabrat Duliesme marcha , par la Pouille et Matera, contre le premier ; Régnier contre le second , de Saleme à Castro- Villeri, par Campo Tenèze. Ce fut de cecAté, et sur cette haute position retranchée , que la baliille se livra le 9 mars : si Ton peut appeler Intaille une rencontre au travers d'une neige épaisse, où Fattaqiie sur un flanc par une compagnie de nos voltigeurs et une charge d'une autre compagnie contre le centre de cette armée j suffirent pour la diapener toul entière et en prendre tout le maténdl On en poursuivit les restes jusqu'à Reggio , d'où les deux Princes napolitains s'échappèrent en Sicile avec tnm mille hommes.
On les eût chassés de même de cette ile,aeloa Tordre de l'Empereur, sans les Anglais. Mab ceuz-â élûent niattres de la mer. Ils ne nous avaient d*aiUeurs pas laissé la moindre barque.
Quant à la colonne de gauche , hors Gvitdia del Tronto qui tint quelque temps , elle n*eut qu'à vaincre des torrents et à ramasser des débris. Elle acheva la conquête des Calabres. Pourtant^ derrière Regûer, alors à Reggio , une insurrection assez sanglante , mais bientôt réprimée, avait séparé de nous ce général. Li soumission devint si entière que, le 3 avril, le Priaoe Joseph , avec mille fantassins et cent chevaux aeidement, put partir -de Naples et faire le tour entier du midi de ce Royaume.
Salerne, Lagonegro, la Rotonda, Campo-Tenèse , Caslro-Yillari , et Cosenza marquent la trace de ce voyage , puis la Sila et Scigliano , où l'atteignit le dé-