CHAPITRE III. SIS
puiser d'impôts ces habitants, et de dépouiller leurs couvents et leurs églises , pour armer contre nous les brigands dont abondent ces contrées , avait indigné contre elle, et jeté dans notre cause, tous les hommes d'ordre. En effet un bon nombre de ceux-ci , détestant ces odieux moyens de guerre , venaient de com- \ battre T insurrection en se réunissant volontairement à nos colonnes. D'autre part Joseph, lui-même aussi, se persuada que, ces populations n'ayant jamais été visitées ni consolées par leur Monarque, qu'elles n'avaient connu que par ses exacteurs , la vue , pour la première fois, d'un Prince qui venait sonder leurs plaies pour les guérir, et recueillir leurs vœux pour les exaucer, les saisissait d'un réel enthousiasme ! a Consterné , ce sont ses propres paroles, de l'état d'oppression, de barbarie et d'avilissement de ces provinces, il promit de les en relever. » C'est pourquoi , forcé d'ordonner d'abord un désarmement général , mais comptant sur le concours des classes supérieures , il s'engagea à réarmer, par province , une légion que ces classes formeraient et commanderaient. Ces dispositions, quoi qu'il soit arrivé plus tard, me parurent ' sages, et la confiance du Prince assez fondée. Mais reprenons le récit de notre marche.
A la (in de cette journée de quatorze heures nous couchâmes à Nicastro , première cité de la Calabre Ultérieure ; c'est une ville de cinq mille âmes ; elle est ébranlée par les tremblements de terre, et désolée par un torrent qui en emporte quelque morceau tous les printemps. La chaîne de montagnes qui l'environne est très-rétrécie à cette hauteur par les deux mers.
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