‹ Histoire et mémoires (volume 5)Chapitre 294 sur 311 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

La grande afîaire, en ce moment, était les apprêts du siège de Gaéle ou Gayetle , nom de la nouirioe d'Énée, que le général Gardanne, d'ailleurs fort peu soucieux de l'hisloire antique , prenant pour un surnom, prononçait caillette : c'était, disait-il, le sobi- ([uet d'une nourrice d'autrefois, toute parrille à celles d'aujourd'hui; ce qui, selon lui, prouvait que tel avait été de tout temps leur défaut origjuiel.

Il n'y a guère de voyageur qui ne qualifie Gaèle de clef de Naples , quoique Ton soit souvent entré dans celte capitale sans avoir pris cette forteresse. Cestune ville bâtie sur un roc élevé, à rextrënûté d'une presqu'île. La mer en environne le pourtour, à resoepûon d'un seul côté resserré entre deux golfes. Isthme étroit , d'environ quatre cents toises, qui ralladie la ville au continent, et n'offre à l'assaillant, pour cheminer de ce côté seul abordable , qu'un sol découvert sur un fond de roche. Le front bien plus développé de la vUle le commande. La droite de celte ligne de' défense baigne dans la mer. Partout ailleurs elle est escarpée et couverte de batteries à plusieurs étttges : amphitliéàtre redoutable , d'où plus de cent bouches à feu rasent, plongent, ou convergent sur FisduDe, et y interdisent les approches.

Le reste du Royaume semblait soumis; mais la conquête morale n'en pouvait être espérée , tant qu'on laisserait à l'ennemi ce foyer d'attaque et de rëvdle; d'autant plus que partout, dans cette longue péninsule.

Page 1