‹ Histoire et mémoires (volume 5)Chapitre 297 sur 311 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

praticables et Tassaut commandé, Gaète capitula. Nous y entrâmes par la brèche faite par Clermont- Tonnerre. La capitulation portait que la garnison, en armes, défilerait devant nous et s'embarquerait pour la Sicile; mais, comme Tembauchage n'était pas défendu, et que la qualité des troupes s'y prêtait, nos gestes, accompagnés d'argent et de promesses, suffirent pour en détourner une partie. Un bon nombre passa ainsi du côté de la victoire,. dans les rangs de l'armée du Roi Joseph.

Ce siège doit rester célèbre. Il nous avait coûté cinq mois de blocus, quatre mois de tranchée ouverte, onze jours de feu, et deux mille hommes, dont huit cents soldats, vingt-neuf officiers, tués ou blessés, et onze à douze cents malades ou morts aux hôpitaux. Nous y avions tiré soixante et huit mille coups d'iU'tillerie, brûlé troié cent quatre-vingt mille cartouches, employé cent soixante et onze mille sacs à terre, neuf mille gabions, trente-deux mille fascines ou saucissons, et dépensé, tout compris, près de sept millions de irancs.

Cette conquête était importante, mais Tà-propos lui avait manqué ; les apprêts en avaient été trop longs : elle arriva un mois trop tard. On avait donné le temps à l'ennemi de méditer et d'effectuer une diversion funeste. Le i*"" juillet, sept jours avant l'ouverture de notre feu , le général Stuart et neuf mille Anglais et Napolitains étaient descendus à Sainte- Euphémie, et déjà la prise de Gaéte était compensée, d'avance, par la perte des deux Calabres!

A la première nouvelle de celte descente, le Roi

avait envoyé à Régnier Tordre de temporiser. Régnier avait fait tout le contraire. Menacé d'un soulèvement général, il voulut en écraser le germe en se précipitant sur les Anglo-Siciliens y qu'il attaqua sans ensemble, et sans compter leur nombre double du sien.

Battu et découragé, il s*était retiré dans Catanzaro, par cette même route que j'avais tracée, au travers de l'Apennin, d'une mer a Tautre. Le but en avait été d'affermir notre occupation victorieuse, elle ne servit qu'au passage de notre défaite ! L'insurreClîon des Calabres était préparée depuis longtemps ; notre général vaincu avait voulu la prévenir par une victoire; sa défaite la fit éclater avec une violence d'autant plus grande. Dès lors commença une horrible boucherie de nos blessés, de nos postes surpris, et de nos tralneurs. Régnier craignit d'être coupé de la Basilicate. Mais ks Anglais, ne songeant qu'à s'assurer du littoral par la prise de Sçylla et de Reggio, le laissèrent travener l'insurrection, où il rendit massacre pour masBcre , en se dirigeant , par Crotone et Corigliano, sur Cassano. Là, réuni à Verdier vers le 1:2 juillet, il attendit que Masséna, libre enfin du siège de Gaëte, vint l'aider à reprendre les Calabres. Un mot de plus id peut être utile, à propos de cette guerre d'assassinats commencée dès lors en Calabre. Elle dura jusqu'en 18 10! On fut longtemps à découvrir le seid moyen possible de la terminer. Celte odieuse lutte était surtout entretenue par les habitants, que les bandits, soldés par la Reine Giroline, forçaient à les seconder. De là nos efforts rendus vains, et les horribles guet-apens

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