CHAPITRE VIII
Quant à moi , envoyé pour servir d'aide de camp au Prince Joseph pendant la conquête de son Royaume, mais non pour l'aider à le conserver, Gaête prise, je n^avais plus rien à faire à Naples. J'y étais dépaysé : le caractère national ne convenait pas au mien, ni le climat, dont l'influence a suffi pour énerver, en deux ans, nos meilleures troupes. Content de moi , ce qui ne m'arrivait pas toujours, en quittant ce pays je n'avais rien à regretter, que d'abandonner le fruit de la bonne renommée que j'y laissais après six mois de services actifs et souvent utiles. J'en ai passé bien des détails, et, par exemple , un voyage à Rome , pour y reconduire une députation du Sénat fi:*ançais envoyée au Roi. Pendant cette mission insignifiante j.'avais vu Tivoli, et Lucien son propriétaire. Il nous avait accueillis dans ce séjour avec une simplicité calme et spi-
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rituelle. Retiré là, près d*une femme qii*un divoroe rendait peu digne, dit-on, de porter un nom dereno aussi illustre , il y vivait philosophiquement , entouré d'une nombreuse famille; sacrifiant noblement à une fidélité mal placée l'amitié de TEmpereuFi 3 restait à ses prières, à ses menaces, et à roflre, cent fixs réitérée, d'une couronne.
Quelque hors de propos que cela soit , je me rappelle encore que, en ce court voyage, le gënéral YénnOf l'un des sénateurs, me raconta qu'il avait jadis servi en Autriche avec l'infortuné Mack : « Un fiiseiir, un (c beau diseur, ajoutait-il , mais qui, sur le terrain, a n'avait jamais su manier même un bataillon de cinq o cents hommes! »
D'autres missions plus utiles m'avaient ramena dans la Fouille et à Salerne , où de fâcheuses reoMrques m'avaient rebuté. Ma curiosité était rassasiée , je m'ennuyais ; ma promotion au grade de chef d'efcadrosi venue de Paris après quatre campagnes consécotivety un siège, et d'honorables témoignages de saUs&ctioni dissipaient l'humeur qui m'avait momentanément séparé de Napoléon ; l'espoir d'une campagne noaveUe, dans mon emploi, près de ce grand homme; mi mariage qu'il désirait pour moi et qui convenait à ma Cumile, tout me rappelait en France. Mais je ne savait comment m'y prendre pour annoncer au Roi ma détermination ; ce même embarras que parfois on éprouve à sortir d'un salon , je l'éprouvais pour sortir de ce royaume.
Le 21 juillet enfin, au lever du Roi, quatre joins après le siège, j'ouvrais la bouche pour m'expliquer,