‹ Histoire et mémoires (volume 5)Chapitre 54 sur 311 · CHAPITRE I. 8S · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. 8S

' On sait que leur correspondance ne s'arrêta point iày et devint intime; que même, Taversion du Czar pour Londres , et son admiration pour Bonaparte , s'exaitant de plus en plus, il voulut s'allier à la France, et rêva même le projet d*aUer ébranler la Puissance Anglaise jusque dans Tlnde !

En même temps Napoléon achevait de séduire et de s'attacher la Cour de Madrid par des échanges de présents au moyen desquels il ayait flatté la vanité du Prince de la Paix, les goûts du Roi pour les armes, et ceux de la Reine pour la parure. Il leur avait alors envoyé Berthier, qui obtint de Charles IV de nouveaux secours maritimes , la cession de la Louisiane et son alliance contre le Portugal, au prix d'un royaume en Italie promis à l'Infante Duchesse de Parme , la plus chérie des filles de la Reine.

Cependant à tant de soins s'étaient joints ceux de la guerre : elle était prête. Malte, épuisée de vivres , venait de se rendre ; en Italie, Murât, avec dix mille hommes, observait Rome, Naples et la Toscane. Brune avait remplacé Masséna sur le Mincio : il y commandait quatre-vingt-dix mille hommes contre un nombre moindre sous Bellegarde. Macdonald, avec quatorze mille hommes, occupait les Grisons. L'armée du Rhin était sur Tlnn, sa droite aux Alpes, sa gauche au Danube. Elle était forte de cent trente mille combattants contre un nombre pareil. L'armée gàllo-batave, de vingt mille hommes, sous Augereau, était sur le Mein prête à le seconder.

Ainsi , et sans arrière-pensée envieuse , indigne de Bonaparte, les forces les plus nombreuses, les mieux

choisies j avaient été prodiguées à Moreau ; et pourtant, quand ce général en chef revint à Puis, dans \» dernières semaines de Tarmistice , chacun pat vuir avec quelle froideur presque insultante il repouai les avances et les faveurs du Premier Consul. CtA de cette époque que date son mariage , dont la fatale influence accrut sa rivalité jalouse. Soit républicanisme réel y soit haine envieuse j ce fut plein de cette inimitié qu'il repartit pour recommencer la guerre, et qu'il couronna sa gloire par la célèbre campagne de Hohenlinden.

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