‹ Histoire et mémoires (volume 5)Chapitre 70 sur 311 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Le mien était alors préoccupé de soins bien autrement pressants. Sa rude tâche ^ qu'il accomplit au milieu de ses glaciers, fut de vaincre Tâpreté de la saison, celle des lieux et la résistance deTennemi. Son armée comptait à peine quatorze mille hommes. Il avait à franchir le triple sommet qui le séparait des vais de TAdda, de TOglio et des affluents de FAdige; d'où, tombant sur Trente, il devait s'emparer du haut cours de ce fleuve et de celui de la Brenta elle-même.

On obtenait ainsi trois résultats : celui de menacer e flanc droit de l'armée autrichienne d'Italie ; de couvrir le flanc gauche de Brune; et de proléger les passages du Mincio et de l'Adige par ce général en chef. Alors, dans les deux suppositions suivantes : l'une, que des difficultés de gouvernement ne retiendraient pas à Paris le Premier Consul , et il y fut retenu ; l'autre , que Moreau serait arrêté sur l'Inn , et rien ne l'arrêta , Napoléon devait accourir en Italie , et , décidant de tout , recommencer, en tête des deux armées de Brune et deMacdonald, la campagne de 1797, qu'il pousserait cette fois jusque dans Vienne.

Il y avait là un changement entier de système. Macdonald avait d'abord été destiné à seconder Moreau, en descendant l'Inn. On voit que, tout au contraire , la diversion qu'il devait opérer de ce côté avait été reportée vers Brune. Macdonald réclama, mais vainement. La raison militaire en avait décidé, et

peut-être aussi la raison d'État.

BIST. ET màM, » T. II. s

Dans cette guerre de montagnes Macdonald divisa ses forces sans craindre de les aflaiblir. Il eut sept «é* néraux de division pour quatorze miUe hommes. II trompait ainsi sur la faiblesse de son armée les espions ennemis, sachant bien que c'est surtout par les étatsmajors qu'ils comptent les troupes. 11 comprit ausâ que la rareté des vivres , que la difficulté des transports , et que la configuration des lieux , où les diven points d'attaque ou de défense sont si séparés les uns des autres , où l^espace manque au déploiement de forces nombreuses, exigeaient ce morcellement. Cela convenait d'ailletu^ à la tactique de ce genre de guerre : elle consiste à maintenir Tennemi, par de faibles corps défensifs, aux crêtes les plus saillantes sur soi des vais dont on défend l'entrée, tandis que , avec une forte colonne d'attaque, on doit forcer Tun de ces passages , puis descendre rapidement le vallon qui j aboutit jusque dans la vallée ordinairement commune à ces afTluents, bassin principal dont on s* empare. Ainsi tombe d'un seul coup la défense des gorges les plus avancées, en même temps que tous les corps ennemis, restés à la naissance de ces affluents divers, s'y trouvent tournés et compromis.

Tel est le principe : voici quelle en fut rapplication.

L'armistice allait finir, quand , de la vallée des Grisons , Macdonald jeta d'abord , par-dessus le Splugen encore praticable , trois mille sept cents hommes sous d'HilIiers, en Valteljne. Lui-même au contraire, se plaçant «i Rbeinecks, attira de ce côté opposé Tattention de l'ennemi , tant par sa présence que par de grands travaux de retranchements. Il les étendit de Constance

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