CHAPITRE V
sèrent à affronter celle tempêle. Mais Macdonald s'irrita , et s'obstinant il se mit en marche. Plusieurs fois ses guides, ses grenadiers même, se rebutant, rétrogradèrent ; lui persista : il prit la tête , il marcha la sonde à la main , faisant ou^Tir après lui ces masses de neige; et guides et soldats, en dépit de Touragan qui redoublait , il força tout à le suivre !
Il réussit ; mais sa colonne fut , à plusieurs reprises et sur divers points, entrecoupée et séparée de lui par des flots de neige. La 104*™® demi-brigade tout entière dispersée mit deux jours à se réunir ; beaucoup de traîneaux et leurs charges furent abandonnés; enfin , dans cette dernière journée , bien des soldats restèrent mutilés par le froid : cent dix hommes et plus de cent mulets et chevaux périrent.
Le 6 décembre les deux tiers de l'armée des Grisons avaient ainsi passé du versant des eaux allemandes aux sources des eaux italiennes. Ils remplissaient la Valteline. Les détachements laissés en arrière vers les sources de l'Inn, ou poussés en avant sur le haut Adda , pour masquer notre marche et retenir Fennemi sur rinn supérieure , occupaient les sommets de TAlbula, du Juliersberg et du Braglio. Les Autrichiens qu'ils avaient en face , déjà dépassés par la victoire de Hohenlinden du 3 décetnbre , et sans doute inquiets de la manœuvre de Macdonald par sa droite, devaient commencer à craindre pour leur retraite. Pourtant, dans ce labyrinthe de glaces, avant de nous abandonner les sources de l'Inn , leurs Suisses y surprirent à Rutz, par la crête mal gardée du val d'Avos, et emmenèrent prisonniers avec eux, un bataillon de
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recrues de nos avant-postes. Macdonald fit aussîlo réparer, par Puschiaro, Casaccta et Sjlva-Plana, o faible échec : les sources de Tlnn furent ressaisies pu Morlot , d'Hilliers et quatre mille homines.
C'était sa gauche; il ne restait avec lui qpie sept niîH hommes; les vivres manquaient; la nécessité d*ai réunir, de se rallier en Valteline après le combat cobIr le Splugen, et de préparer d'autres passages semblables, retardèrent les manoeu\Tes de notre général. Enfin, le 9 décembre, il reprit sa pénible marche. U fallait, (k glacier en glacier, passer du %'al de l'Adda dans le ^ Gimonica, en franchissant TApriga; puis du val ûmonica , dans le val di Sole par-dessus le mont Tonnai; d*oii , suivant la Nos , on serait descendu sur Trente dans la grande vallée de TAdige : c'était la voie la do directe.
Le rude Apriga , moms \îaut maîâ plus tortueux, plus âpre , plus abrupt encore que le Splugen , fui surmonté. On y laissa moins d'hommes, maïs plus de chevaux et surtout de bétes de somme : roidies pir leurs charges elles ne purent se reployer sur ellesmêmes dans les replis aigus du sentier qui , montant et descendant à pic, serpentait en brusques zigzag entre les rocs; il en roula beaucoup dans les prédpices.
Le val Canionica atteint, Tavant-garde essaya k Tonnai. Mais cinq mille Autrichiens, retranchés dans la glace, en défendaient le passage; et deux fois, en dépit d'assauts intrépides les plus obstinés, nos généraux. Vaux etVandamme, reculèrent après avoir rougi le glacier d'un sang versé inutilement. De son côté